Traversée de l'Islande à skis en hiver
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Traversée de l'Islande à skis -Sprengisandur traverse-

L'Islande en hiver n'a plus grand chose à voir avec ce qu'on connaît d'elle en été. Dès la fin de l'été, avec l'arrivée des premiers flocons de neige les pistes ferment les unes après les autres. Quand les touristes sont tous repartis, le pays se referme alors sur lui-même comme pour mieux se préparer à affronter les conditions météo rudes qui arrivent. Les jours raccourcissent radicalement et ne se limitent plus qu'à quelques heures de lumière quotidienne. Pas forcément de soleil, juste de clarté. Le froid aidant les aurores boréales dansent dans le ciel pour le plus grand plaisir des trolls et des elfes.
Au cœur de l'hiver seule la route N°1 reste ouverte grâce aux va et vient des chasses neige, mais dans les terres les conditions climatiques deviennent dantesques. En effet sur les hauts plateaux du centre de l'île la neige tombe en quantité, le vent souffle en rafales sans presque jamais discontinuer, on n'y croise pas âme qui vive, on y est seul, sensation de bout du monde. Les hauts plateaux du centre sont vraiment destinés en hiver aux amateurs de grande solitude.
Je suis parti avec 16 ou 17 kilos de bagages skis compris, en oubliant certainement des choses mais je m'en passerai.


Publié à 12:00, le 1/10/2020,
Mots clefs : traversée hivernaletraversée islandeislande skisislande skiislande hiverHiverNeigeskisIslandetraversée hivernale islandeSki
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L'équipe devant le Super Jeep

Janine est une canadienne qui parle anglais avec un accent très américain. Elle vient du froid donc ne m'a pas semblé trop dépaysée.

Ute vit en Islande depuis deux ans et a l'air ravie. Elle est ornithologue et ne manque pas une occasion de nous parler des oiseaux dès qu'elle aperçoit un emplumé.

Kuba est un polonais venant de Varsovie. Il est très volontaire et la bonne humeur du groupe vient souvent de son entrain.

Odile est une française, professeur de mathématiques vivant dans le sud de la France. Nous nous sommes croisés à Roissy lors de l'enregistrement des bagages.

Helina est une russe, professeur de mathématiques (encore !) dans une université de Moscou. Le courant passe bien avec elle, je ne sais pas à quoi c'est dû, il y a des personnes avec qui tout va tout seul.

Maxim est un russe résidant lui aussi à Moscou. Maxim est un personnage, à lui tout seul il mériterait un blog spécial il y a tant à dire sur ce gaillard. S'il était possible de le mettre en tube et de le vendre nous deviendrions riches.

Notre guide Rob est un vrai pro qui sait où il met les pieds. Il est originaire des fjords de l'Ouest une région assez reculée d'Islande. Pour lui une traversée de l'Islande en hiver s'apparente à des vacances tranquilles.

Erik est un belge passionné d'alpinisme. Il adore aller aiguiser ses piolets sur les cascades de glace, et voit l'alpinisme plus comme une philosophie, comme un "way of life" d'après ce que j'ai cru comprendre.

Quant à moi je vous laisse me découvrir au fil des pages...



Publié à 20:56, le 1/06/2020,
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Survol de la côte sud -Porlàkshöfn-

C'est la première fois que je découvre l'Islande en hiver. Le temps est relativement dégagé et le décor qui se dévoile m'enchante. A la sortie de l'aéroport pour prendre le Flybus vers la capitale le froid remet les pendules à l'heure, il fait 1° C et le vent en nous envoyant quelques belles rafales fait chuter l'effet ressenti. Effet Windchill oblige...

Sur l'image nous apercevons la petite ville de Porlakshöfn.



Publié à 12:33, le 1/04/2020,
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Flugfélag Islands

Le lendemain matin réveil à l'aube. Toute l'équipe attend dehors dans le noir devant la guesthouse. Il est prévu qu'un mini van nous mène à l'aéroport local de Reykjavik où un petit avion d'une quarantaine de places doit nous faire traverser l'île jusqu'à la capitale du nord, Akureyri. Il s'agit d'un Fokker 50, un petit avion à hélice très maniable, même par mauvais temps.

C'est la première fois que je voyage sur un si petit coucou. L'aérogare ressemble plus à un hangar qu'à un aéroport. Le sol est couvert de linoléum, un comptoir est posé dans un coin derrière lequel 2 hôtesses enregistrent les bagages au milieu des courants d'air. Sur le tarmac deux préposés au chargement des bagages remplissent les soutes de valises, de caisses diverses, de nos pulkas et nos skis... Il y a avec nous quelques hommes d'affaires qui semblent aller à Akureyri pour la journée avec un simple attaché case.

Ici pas de contrôle de sécurité, d'ailleurs pour plaisanter notre guide Rob nous a dit lors du trajet dans le mini van qu'on peut emmener nos flingues si nous le souhaitons. Si j'avais su j'aurais pris mon 44...



Publié à 16:38, le 1/03/2020,
Mots clefs : FlugfélagFlugfélag Islands
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Arrivée à Akureyri


 

 



Publié à 13:00, le 1/03/2020,
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Remplissage des pulkas -pulkas Paris-

A l'atterrissage deux 4X4 viennent nous chercher à l'aéroport d'Akureyri pour nous conduire dans la zone industrielle de la ville. Dans un hangar nous attendent les pulkas ainsi que tout le matériel nécessaire à notre traversée : 15 kilos de nourriture comprenant du pain de mie, du pain sous vide dans des boîtes plastiques, du pain islandais ( qui ressemble à du carton ),  une dizaine de saucissons gras ruisselant de graisse ( excellent idée car le gras protège du froid ), quinze plaquettes de beurre, du pâté islandais, je ne sais combien de sachets de cacahuètes, de pruneaux et d'abricots secs, du jambon islandais ( de mouton ? ), ainsi que plusieurs saumons que nous couperons en tranches tous les matins pour garnir nos sandwichs du midi. Nous trouvons également 6 bouteilles thermos et 18 rouleaux de papier toilette.

Nous sont aussi distribuées 3 tentes The North Face VE 25, tentes que l'on trouve sur tous les camps de base du monde, sûrement les plus solides du marché. On se répartit la toile intérieure, le double toit et les arceaux équitablement dans les pulkas. Notre guide nous donne également des piolets d'alpinisme ainsi que des pelles à neige.

Au final chacun devra tracter une pulka d'une quarantaine de kilos au départ  de l'expédition. Nous écoutons tous attentivement les conseils de notre guide Rob concernant la façon de charger ces petits traineaux qui avec un chargement déséquilibré peuvent passer leur temps à se renverser à la moindre inclinaison du terrain, ce qui peut s'avérer une vraie galère.



Publié à 11:55, le 1/03/2020,
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répartition dans les pulkas



Publié à 08:00, le 1/03/2020,
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Boustifaille

 



Publié à 20:00, le 1/02/2020,
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Transfert au fond de la vallée Eyjafjardardalur

Pas une minute à perdre, sitôt les pulkas remplies nous partons dans un convoi de deux 4X4 en direction du fond de la vallée Eyjafjardardalur.

Akureyri n'aura été qu'une parenthèse trop courte, où nous avons tout juste eu le temps d'apercevoir de rares passants dans les rues rectilignes de la ville. 

Sitôt sortis de l'agglomération la neige se met à tomber comme si la météo voulait nous souhaiter la bienvenue. Dans notre 4X4 tout le monde s'est tu, le silence règne. Je me demande si je ne me suis pas trompé en participant à un tel raid, aurai-je le niveau ? J'ai d'ailleurs l'impression que tout le monde se pose la même question. Le doute m'envahit mais il est trop tard pour reculer... Explication des raisons de l'aventure : j'avais depuis plusieurs années planifié cette traversée hivernale de l'Islande, je rêvais depuis trop longtemps de grosse expé avec tempête de neige et vent violent, de quelque chose qui secoue un peu plus que le parc des buttes Chaumont en pic nique entre amis. Et d'imaginaire, mon voyage est devenu bien réel.

Nous continuons notre route vers le fond de la vallée. Nous passons devant de rares habitations misanthropes, seules au milieu de rien, le nom des sites traversés semble avoir été tapé au hasard sur un clavier : Vatnsendi, Halldofstadir, Holsgerdi... De fermes isolées en ruines oubliées le fond de la vallée approche...La campagne islandaise en cette matinée de mars est toute calme, toute nue, comme abandonnée ou morte. Petite atmosphère de fin du monde dans une ambiance grise qui accentue tout ça. Ca devient bon.



Publié à 14:41, le 1/02/2020,
Mots clefs : Eyjafjardardalur
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Départ du raid

La route est encadrée par de hauts plateaux tabulaires. Au fur et à mesure que nous progressons, la vallée devient plus étroite,  les montagnes de chaque côté se rapprochent, se resserrent, semblant vouloir nous avaler. Une expédition à skis  en mars sous ces latitudes est assez complexe. C'est aussi ce qui en fait l'intérêt. Cependant pour une première expérience on évitera la traversée en solo à moins d'être candidat au suicide.

Les 4X4 s'attaquent à la montagne sur une piste qui monte en lacets tant la pente est forte. Il y a de plus en plus de neige, notre véhicule tangue, patine puis le chauffeur finit par rendre les armes, il s'arrête. C'est pas si mal que ça, l'enneigement est bon et nous avons déjà bien entamé la montée du Tungnafjall. D'après la feuille de route de Rob, cette première étape fait entre 10 et 16 kms suivant le lieu de dépose. Les 4X4 on réussi à nous déposer assez haut, c'est toujours cela que n'aurons pas à gravir.

Toute l'équipe met pied à terre et le déchargement de la remorque commence. Les pulkas, neuves, connaissent leur premier contact avec la neige. Les skis sont sortis ainsi que les bâtons, il neige toujours et il y a pas mal de vent. Le froid est assez vif et la température m'arrache déjà quelques larmes. Et puis très vite j'ai l'impression que l'air gèle directement dans mes narines. Il va falloir s'y faire...



Publié à 14:52, le 1/01/2020,
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Dépose

Le plateau est là-haut tout proche, je me prépare à l'arpenter depuis si longtemps, je l'ai tellement imaginé que j'ai l'étrange impression de déjà le connaître, je le sentirais presque vivant comme une personne avec un coeur qui bat. Cette montée abrupte avec ses 800 mètres de dénivelé est une rampe de lancement vers la folie.



Publié à 20:00, le 1/12/2019,
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Dépose

Je profite d'un instant de répit pour avaler une de mes barres céréales. J'ai emporté des barres dites "techniques-avant l'effort". Habituellement quelques doses de caféines qui imbibent des biscuits bon marché suffisent à entretenir mes batteries. Mais là, pour un morceau pareil il faut plus que ça, ici c'est du sérieux, du gros calibre, finie la comédie bonjour le western.



Publié à 18:00, le 1/12/2019,
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Les 4X4 repartent

 



Publié à 16:00, le 1/12/2019,
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Ascension du Tungnafjall

Les chauffeurs des 4X4 repartent en nous souhaitant un bon voyage : "Godà ferd !" avec dans le regard un peu d'admiration mais aussi d'incrompréhension, ne voyant pas bien l'intérêt d'aller se faire chahuter  dix jours durant sur les hauts plateaux de leur pays. Cette recherche de solitude qui nous tenaille les dépasse, car l'Islande est un pays de travail et de solitude mais ici on est solitaire par obligation. Quoi de mieux à faire qu'utiliser le travail comme une fuite aux éléments (les islandais cumulent souvent jusqu'à deux ou trois boulots), notamment l'hiver quand le soleil ne se lève presque pas et que le jour se limite à quelques petites heures de clarté ? C'est sûrement le climat aussi qui a rendu les habitants de cette terre hostile férus de lecture, la lecture des sagas en particulier. Ils sont aussi passionnés de généalogie, et comme tout est écrit dans les sagas qui retracent l'histoire de leur pays, il est beaucoup plus aisé que chez nous de retrouver ses ancêtres. A ce propos notre guide Rob nous a dit un soir à la lueur de la chandelle d'un refuge, qu'il avait réussi à remonter jusqu'en l'an 800 environ. Un tel résultat aurait nécessité chez nous de retourner complètement les archives d'état-civil de la mairie, et de se mettre tout le conseil à dos...

Les 4X4 s'éloignent, ça y est maintenant nous sommes vraiment seuls...

Côté motivation je suis à bloc, j'attends ce moment depuis si longtemps, me voilà face à mon rêve, je me sens comme la flèche sur un arc tendu. Notre guide ouvre la voie je lui colle à la pulka, suivi par les sept autres membres. Ca grimpe sur les flancs du Tungnafjall, la pente est forte mais grâce aux peaux de phoque sous nos skis nous progressons sans avoir à déchausser. La montée est presque trop facile, il faut dire que Rob sait comment attaquer la montagne. Souvent je me retourne est admire le bas de la vallée enneigée, c'est vraiment superbe. Mes craintes et mes doutes du début sur mes capacités sont vite noyés dans l'effervescence et le panorama.



Publié à 14:00, le 1/12/2019,
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Montée du Tungnafjall



Publié à 13:30, le 1/12/2019,
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Hourra !



Publié à 13:15, le 1/12/2019,
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Les pulkas se renversent

La pente est forte et régulièrement nos pulkas partent en dévers en se retournant. J'aide notre ami polonais Kuba à redresser la sienne. A force de gagner de l'altitude nous nous heurtons au patron des lieux : le vent constant et puissant. C'est lui qui décide qu'à cet endroit rien ne doit pousser et que tous ceux qui s'aventurent ici en sortent fous ou épuisés.

La France est un pays riche. Très riche. Et à force de vivre dans un pays riche nous réagissons comme des riches : nous nous méfions de nos voisins et nous nous enfermons dans notre bulle. Venir se dégourdir les idées en Islande est indispensable pour tout être normalement constitué.



Publié à 13:00, le 1/12/2019,
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Rob à l'ascension du Tungnafjall



Publié à 12:00, le 1/12/2019,
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Pause au sommet du Tungnafjall

Après avoir avalé le plus gros de la pente nous faisons une pause sur les hauteurs. Rob sort un sac de sa pulka, un saumon est jeté sur la neige, la découpe commence. Du pain arrive, suivi de près par du pâté et des fruits secs, les thermos sont sortis des pulkas, et un repas démarre.

Mais nous ne nous attardons pas, la pause repas n'aura commencé que depuis une vingtaine de minutes que déjà Rob nous demande de tout ranger. Il ne faut pas traîner si on veut arriver au refuge de Bergland avant la tombée de la nuit.

A peine tout remballé dans nos pulkas que nous reprenons notre ascension. Cela grimpe toujours même si la pente est maintenant moins prononcée. A force de gagner de l'altitude le vent se renforce pour avoisiner les 15 mètres par secondes. Ca commence à devenir sérieux, d'autant qu'il souffle de face. Je me cramponne désespérément à mes bâtons qui ne me paraîssent tout à coup plus que de frêles tiges d'aluminium, les cordons de ma capuche fouétés par le vent me tapent  contre la tête avec un bruit de mitraillette, le vent hurle contre les rebords de ma capuche. Bref du gros, du gras, du velu comme j'aime. Nous continuons de monter, doucement mais sûrement, nous évoluons sur un plateau où le vent s'est fait sculpteur de neige.

J'ai la goutte au nez, le nez justement qui me pique à cause du froid. Quand j'en ai le temps je me mouche d'un revers de gant sinon le vent m'emporte la morve au loin.

Selon le GPS en léger contre bas sur notre droite se trouvent les 2 lacs Urdarvotn, mais nous ne les voyons pas, ils sont gelés et recouverts de neige, mais ils sont bien là, en sommeil.



Publié à 08:00, le 1/12/2019,
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Ascension du Tungnafjall

Nous formons une chaîne qui a la force de son maillon le plus faible, un groupe de quadra dégénérés qui voient leur cure de jouvence se tranformer en mur de souffrance. Le vent incessant et tourbillonnant rend fou.



Publié à 15:00, le 1/11/2019,
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Notre guide Rob

Rob, notre guide, est un solide gaillard de 1,80 m. Il roule les "R" dans le fond de la gorge et peut parfois paraître un peu brut de décoffrage. Mais il est efficace, il nous guide au milieu d'un monde au sein duquel il a grandi. On sent le pro. Grosses mâchoires et gueule de brigand, un gros islandais massif qui semble increvable. Il impressionne. Il est beau.

Et il continue d'apprendre. Il m'a confié qu'il part régulièrement dans le nord du Canada pour se perfectionner. L'an passé il y est allé étudier les avalanches avec ses deniers personnels et cela coûte affreusement cher m'a-t-il dit. Je veux bien le croire. Tout au long du raid je le regarde faire, on peut même aller jusqu'à parler d'observation, comme le ferait notre ami islandaise Ute , l'ornithologue du groupe, quand elle part obsever les oiseaux. Pour tout il agit comme agirait un 7ème dan de ceinture noire de karaté, il va à l'essentiel, aucun geste inutile. Un pro, il n'y a pas d'autre mot. Et moi qui comptais au départ effectuer cette traversée hivernale de l'Islande en solo, et bien il me donne des complexes le Rob. J'ai appris une foule de choses rien qu'en l'observant faire, dans sa façon de skier, de tenir ses bâtons, ou même son art de contourner les points qui craignent comme les ponts de neige trop fragiles par dessus les rivières cachées sous la glace ou la neige. Rob nous a montré comment monter la tente, comment l'amarrer pour éviter que les vents violents ne l'emportent ou ne la déchirent. Il nous a prévenu qu'avec des vents supérieurs à 15 mètres/secondes la toile risquait de se déchirer et que le montage pouvait donc de devenir problématique.

Avec ses gros sourcils et sa barbe naissante blonde tirant sur le roux, quand il nous donne des consignes, on pourrait facilement le comparer à Thor, le dieu nordique dont la voix puissante couvrait le tumulte des combats. Et quand je me hasarde à lui tendre une embuscade au Hakarl il sourit et me dit : "not this kind of thing in my backpack !".

Mais même en semblant au top les accidents sont toujours possibles dans un milieu aussi hostile que celui-là. Il y a deux ans sur un glacier il est tombé de plusieurs dizaines de mètres dans une crevasse, du fond de laquelle il est ressorti à coups de crampons et de piolets. Il nous a dit pathétique qu'à l'heure actuelle : "I should be died". Il nous a relaté également l'accident de ce photographe de montagne tombé lui aussi au fond d'un trou de glace en évoluant sur un glacier. Quand les secours l'ont enfin retrouvé et développé les photos de son réflex, la dernière photo avait été prise pendant sa chute et faisait un drôle d'effet paraît-il. Rob a conclue en nous disant qu'il ne faut jamais s'aventurer sur les langues glacières tout seul. Cela peut passer une fois, dix fois, peut-être cent, et un jour ça coince. Evoluer sur la glace est un métier. J'ai lu tant de posts sur le web de personnes qui ont marché sur la glace, seules sans s'encorder...



Publié à 08:00, le 1/11/2019,
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Vers les lacs Urdardvötn



Publié à 06:00, le 1/11/2019,
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Refuge de Bergland

 



Publié à 03:00, le 1/11/2019,
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Refuge de Bergland pris sous les congères

Il me tarde d'arriver, le vent qui ne faiblit pas et siffle contre ma capuche m'épuise. Il serait presque intéressant d'essayer de skier avec des boules Quiès. Il n'est pas loin de 17h30 et la lumière faiblit, donnant au décor une ambiance bleutée et inquiétante. Plusieurs fois nous croyons apercevoir le refuge au loin derrière une butte mais à chaque fois il ne s'agit que de gros rochers.

L'endroit est contrasté, peu accessible en hiver, austère et charismatique à la fois. C'est un de ces lieux qui se méritent. La fatigue aidant certains sont à la traîne, mais Rob n'entend pas ralentir la cadence, il continue seul devant, il n'y a pas de place pour les retardataires.

Puis finalement après une dernière  montée le refuge apparaît dans le soir tout seul au milieu du vent et d'une vaste étendue blanche, un vrai décors de carte postale.

Il est 17h50 quand Rob pousse la porte du refuge après avoir cassé la glace qui encadrait la porte à coups de piolet. Il a également fallu donner quelques coups de pelle pour enlever la neige qui bouchait l'entrée.

Nous entassons les pulkas dans le sas du refuge qui, faut-il le préciser, est très petit. Il dispose de 6 couchettes et nous sommes neuf, nous serons donc deux par lit. Certes les matelas font environ 140 cm de large mais cela manque quand même un peu de confort. Sitôt arrivé la première tâche à laquelle s'attaque Rob est de "faire de l'eau", pour cela il sort avec une pelle à neige et un gros bac en aluminium qu'il remplit à ras bord de neige. Il pose le bac sur la cuisinière qu'il se hâte d'allumer. A  neuf dans un espace si étroit la température monte assez vite. Quand nous sommes arrivés un thermomètre cloué au mur affichait 10°C et une demi heure après le mercure était déjà monté jusqu'à 17°C. Notre ami polonais Kuba demande au guide si un randonneur arrivait maintenant on le laisserait dormir dehors dans sa tente ? Question à laquelle Rob répond par la négative : non nous avons beau être déjà serrés, on ne laisse jamais personne dormir dehors dans un coin pareil.



Publié à 20:00, le 1/10/2019,
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Arrivée au refuge de montagne de Bergland

Rob s'affaire, il court partout, et très vite le repas est prêt. "Diner is ready !" crie-t-il. Nous nous approchons de la marmite avec nos bols et nos cuillères, il nous sert de généreuses rations. Mais je suis fatigué plus que la normale et je ne comprends pas ce qui m'arrive nous n'avons fait que 12 kms environ aujourd'hui, c'est sûrement le vent qui m'a épuisé me dit Rob, c'est classique. Je me force à finir ma gamelle sinon demain je n'aurai aucune réserve d'énergie, mais c'est la croix et la bannière j'ai même la nausée. Avec le recul je pense que l'entrée en matière a été trop brutale, sans transition, et cela fait un drôle d'effet.

De l'extérieur cette minuscule cabane seule au milieu de ces immensités semble essoufflée, complètement tabassée par les intempéries : les peintures ont été lessivées l'hiver par les pluies et la neige, et ont été râpées l'été par la cendre et le sable portés par le vent. Les éléments ont transformé les couleurs vives d'origine en couleurs pastel.

L'été depuis le bas de la vallée Eyjafjardardalur il faut quatre heures pour atteindre le refuge quand tout va bien. En hiver cela peut prendre plus de temps : il y a quelques années un groupe d'islandais expérimentés ont mis trois jours pour l'atteindre car la météo était épouvantable. Ils ont été secourus deux jours plus tard un peu avant Laugafell par un hélicoptère Super-Puma, leur tente a été ensevelie sous quatre mètres de neige, tout leur matériel a été perdu.

Il faut partir avec la carte en tête car quand tout est blanc, que le vent souffle à vous coucher par terre, qu'il devient impossible de sortir la carte sinon le vent vous l'arrache des mains, et que le GPS n'offre qu'une minuscule partie de la carte sur son écran et que l'on doit le consulter à l'intérieur de sa veste pour le protéger, là le stress monte d'un cran. Il faut partir avec la carte en tête, pour éviter d'avoir à la sortir.



Publié à 15:00, le 1/10/2019,
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Dans le refuge de Bergland

A l'intérieur du refuge la résistance s'organise. De la neige est constamment mise à fondre dans la marmite en bas de l'image. Pour neuf personnes il faut en faire fondre de la neige ! Parce que pour obtenir 1 litre d'eau il faut mettre à fondre beaucoup plus qu'un litre de neige. On passe donc la soirée à remplir la marmite, entre les soupes, le remplissage des thermos et tout le reste, l'allumage du poêle est vite amorti.

Le mur du fond ruisselle et risque de mouiller nos sacs de couchage en duvet d'oie, aussi nous disposons les oreillers du refuge sur nos lits entre le mur et nos duvets.

J'essaie de jeter un oeil dehors mais la vitre est recouverte de buée et ruisselle elle aussi. Il serait salutaire d'aérer un bon coup. C'est ce que nous ferons plus tard : durant la nuit la fenêtre du fond restera entrouverte et au réveil tous les murs seront secs.

Après le bal des lyophilisés de ce soir arrive l'heure des slows, je pars aux toilettes.



Publié à 20:00, le 1/09/2019,
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Réveil au refuge de Bergland

Au milieu du repas notre ami russe Maxim nous sort une bouteille de Cognac : " Somebody wants Cognac ?" demande-t-il à l'assemblée avec le sourire en coin d'un matou qui aurait capturé une souris. Tout le monde y gouttera sauf moi car je suis assez mal comme ça.

Je tapote le baromètre au mur et il semblerait que les pressions remontent ce qui est de bon augure pour la suite.

Une fois le repas expédié tout le monde se prépare à aller au lit. Rob nous dit que les toilettes se trouvent dans la petite cabane derrière le refuge (en bas à droite de la photo) mais qu'il faut y aller avec la lourde pelle métallique du refuge car la porte sera certainement bloquée par la neige. Et oui tout se mérite. Je suis le premier qui s'y colle : je renfile ma polaire, ma gore-tex, mes bottes, mes moufles et me lance à l'assaut de ces fameuses toilettes. Un pas sur trois je m'enfonce dans la neige jusqu'aux genoux, sans les skis c'est pas facile ! Et en effet la petite cabane est prise dans la neige, et comment ! Je dégage l'entrée au terme de beaucoup d'efforts car la neige côté vent est verglacée. Mais même une fois la neige enlevée et le loquet baissé la porte ne s'ouvre toujours pas, c'est alors que je m'aperçois que la porte est complètement soudée à l'encadrement par de la glace, impossible d'ouvrir cette satanée porte. Je suis contrains de retourner au refuge chercher un pic à glace et d'attaquer la porte à coups de piolet, éclairée par la lumière crue de ma lampe frontale. En tout et pour tout l'accès à l'intérieur de la cabane m'aura pris un bon quart d'heure. Cela peut ne pas paraître si long que ça mais quand ça urge, qu'il fait froid et qu'un vent fort vous bouscule, c'est long. Mais ce n'est pas tout, l'intérieur est envahi de neige qu'il a également fallu pelletée, le vent souffle tellement dans le coin qu'elle s'est infiltrée par les petits jours du haut de la porte. A l'intérieur il souffle un fort courant d'air entre la porte mal jointe aux murs pas droits. Sinon les toilettes se résument à un simple trou dans le sol et ça c'est grave.

 

 



Publié à 15:00, le 1/09/2019,
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Départ de Bergland



Publié à 20:00, le 1/08/2019,
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Départ du refuge de Bergland

Au petit matin on ne peut pas dire que la température à l'intérieur du refuge soit caniculaire. Durant la nuit elle est retombée à 14 ou 15°C, il faut dire que sur les conseils de Rob nous avons éteint le poêle avant de nous coucher par mesure de sécurité.

Le réveil se fait à 7h00, Rob se dépêche de se lever et de faire chauffer de l'eau, de l'eau fondue hier soir pour gagner du temps ce matin.  Une fois l'eau chauffée il nous appelle en criant à travers le refuge : "Breakfast is ready !", nous déjeunons rageusement, encore un peu endormis par cette première nuit loin de la civilisation, nous remplissons les thermos et préparons les sandwichs au saumon pour le repas de midi. Rob nous rappelle que le plus important à avaler est le muesli et non les sandwichs ou autres petites victuailles. Puis il précise que si nous ne prenons pas assez de muesli (composé de céréales et de fruits secs) dans 10 kms nous n'aurons plus aucune force. "Take energy !" ne cesse-t-il de nous répéter. J'ai pas beaucoup mangé hier soir, mon dîner a été un peu raté, aussi ce matin j'ai une faim de troll, tant et si bien que je m'offre un petit déjeuner gargantuesque, je mange plus que les autres. C'est ce qui me sauvera et me permettra d'arriver à suivre le rythme de la troupe aujourd'hui.

Une fois les péripéties alimentaires terminées nous sortons tout le matériel à l'éxtérieur, nous remplissons les pulkas en nous appliquant à bien les équilibrer, nous nous arnachons, chaussons nos skis et attendons le top départ. Rob se retourne, jette un coup d'oeil à la troupe : "Everybody is ready ? Ok, go !". Un dernier regard au refuge puis nous partons en plein vent, il est 9h20. Habituellement toute la préparation entre le lever et le départ ne doit pas excéder 2 heures mais là ce fut notre première nuit donc c'est normal selon Rob. Au passage je n'avais pas remarqué dans l'obscurité d'hier soir que la neige est partie complètement à l'assaut du refuge, sur le côté sous le vent des congères atteignent le toit.



Publié à 16:00, le 1/08/2019,
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Dans la tempête

Nous partons du refuge de Bergland dans des conditions météorologiques terribles. Le vent se renforce sans cesse, le brouillard s'épaissit, il faudra être prudent aujourd'hui, attention à ne pas se perdre. C'est un jour blanc, nous n'y voyons qu'à une trentaine de mètres, on de distingue pas la limite sol-ciel. Toujours en tête Rob se retourne souvent pour s'assurer que personne ne manque, le vent redouble, nous contraignant à avancer en nous penchant en avant, la tête enfoncée dans les épaules, le vent vient s'écraser contre nos capuches et cela fait un bruit monstrueux. Bien que nous formions un groupe, dans ces moments-là nous nous retrouvons tous seuls finalement, chacun est isolé dans son armure de gore-tex, emmitouflé dans sa capuche avec les cordons de serrage qui claquent tout autour de la tête.  Impossible de s'adresser aux autres tant le vent nous chahute, il nous isole, nous ensourde, nous divise pour mieux régner en quelque sorte. Visuellement rien ne va plus : parfois les rafales soulèvent la neige poudreuse du sol créant une sorte de brouillard à ras du sol qui nous donne l'impression d'évoluer sur une mer de nuage, sur une sorte de cumulo nimbus plat. Encore plus vicieux que ça, le vent efface vite nos traces.



Publié à 17:42, le 1/07/2019,
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ISLANDE 2012 Dans la tempête

 Parfois je prends quelques mètres de retard, ralentissant de ce fait tous ceux qui me suivent, je redouble alors d'effort pour rattraper ceux qui me précèdent.

Le groupe progresse lentement en file indienne, notre guide vénéré ouvrant la voie. J'ai les yeux fixés sur l’arrière de la pulka qui me précède, on ne peut pas dire que nous profitions du paysage. Tous les 100 mètres Rob se retourne pour vérifier que personne ne manque, et tous les 200 mètres nous réajustons le cap car avec le vent nous sommes vite désorientés et il s’en faudrait peu pour que nous tournions en rond on que nous partions dans un mauvais axe. Rob se retourne et nous hurle : "Every body is ok ?", "Yes…", "not cold ?", "no… ",  "15 kms left". Super plus que 15 bornes dans ce qui ressemble de plus en plus à un purgatoire.


Publié à 16:00, le 1/07/2019,
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Après Bergland

 



Publié à 15:00, le 1/07/2019,
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Pause dans la brume

Toutes les 1h15 nous effectuons une pause pour grignoter quelque chose et boire. Nous nous passons les thermos, seule condition pour garder l'eau à l'état liquide. L'hiver et la brume aidant, les journées ne sont pas très lumineuses, souvent nous sommes entre chien et loup. Notre ami belge Erik nous distribue chacun un quartier de clémentine, nous sautons dessus comme des mouches sur du sucre. Il faut préciser que nos rations ne contiennent pas de fruits exceptés des abricots et pruneaux secs. Alors à la vue d'un fruit frais le moral s'envole, on grandit, chacun prend soudain 20 centimètres.



Publié à 11:29, le 1/06/2019,
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Entre Bergland et Laugafell



Publié à 20:00, le 1/05/2019,
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Progression en rang serré

Je suis parti avec les moufles et les surmoufles ce matin et déjà j'ai trop chaud. A la prochaine pause j'enfilerai mes petits gants en Apex et j'en profiterai pour enlever ma veste polaire. J'ai rencontré ce problème chaque matin : tôt le matin il fait très froid donc nous nous couvrons, mais très vite nous transpirons, car tirer une pulka de 40 kilos vous met en nage. Si ce n'était pas le froid du matin nous pourrions skier en simple T-shirt sous la veste gore-tex et en gants légers. Parfois il nous arrive même de retirer notre capuche et notre casquette, certes pas longtemps car le vent qui siffle contre nos oreilles a vite fait de nous rendre fous.

Par moments nous sentons que le soleil n'est pas loin qu'il s'en faut de peu pour qu'il perce la couche nuageuse grise. A mi-étape ses premiers rayons nous touchent.



Publié à 11:31, le 1/05/2019,
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Soleil noir



Publié à 08:00, le 1/05/2019,
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Vers Laugafell

Cela se confirme : des coins de ciel bleu réapparaissent. Mais oui le ciel est bleu, nous l'aurions presque oublié. Quelques kilomètres avant d'arriver au refuge de Laugafell nous suivons les piquets qui balisent la piste de montagne F 821. Certains de ces piquets ne dépassent que de 10 cm, d'autres sont complètement ensevelis sous la neige. Il y a par endroits un bon mètre de neige, je ferme la marche avec notre ami russe Maxim.

Au départ de l'étape ce matin nous sommes partis sous une fine pluie, le genre de pluie qui mêlée au vent finit par pénétrer toutes les vestes gore tex et autres matières imperméables, à mi-étape nous n'avions plus un poil de sec.  Mais ayant passés la journée à skier sous le vent, c'est complètement séchés que nous arrivons au refuge de ce soir. Le vent a du bon parfois.

Je pense quand même que pour venir traverser le pays à skis en hiver il faut être un adepte de la punaise dans la fesse.



Publié à 20:00, le 1/04/2019,
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Descente sur Laugafell

Les kilomètres s'empilent, et avec eux arrivent les premières douleurs aux pieds. Hier au refuge de Bergland presque tout le monde avait des ampoules aux pieds sauf moi. Cela m'avait d'autant plus surpris que je suis parti avec des chaussures neuves que je n'ai malheureusement pas eu le temps de faire à mes pieds. Cela a été le plus gros écueil de ma préparation. Mais aujourd'hui mystérieusement le haut de la chaussure me fait mal au bas du mollet.

Le rythme est difficile à suivre malgré les pauses régulières. Nous avons dû effectuer un peu plus de 20 kms aujourd'hui et les cuisses commencent à me chauffer. Ce n'est pas que je manque de souffle mais je dois manquer de force, d'endurence, mais il est certain que skier 8 heures par jour vous met les batteries à plat. Aussi je ressens un grand soulagement quand j'aperçois les cabanes du refuge de Laugafell dans la lumière du soir. Je descends la dernière pente assis à califourchon sur ma pulka en freinant avec les bâtons. La pente n'est pas très prononcée et heureusement car il est ainsi assez difficile de se diriger et de freiner.



Publié à 11:33, le 1/04/2019,
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La source chaude de Laugafell

A peine avons nous déchaussé nos skis que certains sont déjà en maillot de bain et se dirigent d'un pas preste vers la source chaude. Notre ami Maxim s'y rend avec une bouteille de Vodka. Les sens à vif, je tressaille. L'apercevant dans la lumière du soir, voici qu'une ardente pulsion zigzague le long de mon échine.

Ca y est le soleil est bien là ce soir, le ciel est dégagé et peut-être que cette nuit nous pourrons apercevoir des aurores boréales.

Je vais à la cabane voisine faire un dernier tour aux toilettes. Les toilettes de Laugafell ont tout pour entrer dans la légende. Déjà ce sont de vraies toilettes et non un vulgaire trou dans le sol façon guerre du Vietnam, et de plus leur chasse d'eau est à l'eau chaude grâce à la géothermie. Le sous-sol dans le coin regorgeant de sources chaudes, ceci explique cela. Cela crée une sensation très étrange quand on s'assoit sur la lunette, l'eau chaude qui stagne au fond nous réchauffe les fesses, et ça c'est royal.

Très vite apparaissent les premières étoiles, elles me paraissent énormes tant elles brillent. Je monte me coucher tôt car je suis épuisé de ma journée et demande aux autres de me réveiller s'ils aperçoivent une aurore boréale.



Publié à 13:39, le 1/02/2019,
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Laugafell s'endort

Telles des sentinelles nos skis plantés dans la neige montent la garde à l'extérieur du refuge. Dehors le soleil se couche donnant au ciel des couleurs rose et oranger, ceci étant de bon augure pour demain.

A l'intérieur du refuge nous installons nos sacs de couchage à l'étage sur de simples matelas de mousse. Puis d'en bas Rob nous crie : "Soup is ready !" et nous descendons tous dans la bousculade pour faire ripaille. Je vais voir Rob et lui demande si sa pharmacie personnelle ne contient pas une quelconque drogue pour me soulager de ma douleur au mollet. Les frottements de ma chaussure m'ont mis la peau à vif avec un enflement assez important. Il me fait avaler un anti inflammatoire pour me soulager.

A chaque diner nous sortons tous les sacs de nourriture des pulkas et nous étalons tout sur les tables. Un bout de la table de ce soir est entièrement recouvert de boustifaille. A  voir tout là je suis surpris du volume que cela représente.

Comme la veille au refuge de Bergland je ressens le même écoeurement mais moins prononcé, je n'ai pas vraiment faim. La fatigue peut-être. Cependant en me forçant j'arrive à avaler une portion honorable du plat que nous a préparé Rob. C'est excellent mais je ne saurais dire ce dont il s'agit. Ce soir c'est de la nourriture lyophilisé, il en a versé 9 sachets dans une grande marmite et a commencé la distribution. Au bas des sachets une adresse de site web : drytech.no. C'est une marque norvégienne semble-t-il. Les quantités me paraissent plus honorables que tout ce que j'avais pu connaître jusqu'alors.

Puis vient l'heure du café, et notre ami russe Maxim qui fait la distribution de cognac et de vodka. Il se sert du bouchon de la bouteille comme doseur et le verse dans les tasses de café. Je m'abstiens quant à moi, passant pour un petit joueur, mais avec mon médoc et mon état de fatigue cela me semble plus raisonnable.



Publié à 12:37, le 1/02/2019,
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Les skis montent la garde devant le refuge



Publié à 20:00, le 1/01/2019,
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Motoneiges à Laugafell

Au petit matin nous nous réveillons doucement avec les rayons du soleil, la journée va être ensoleillée, c'est super cela va nous changer d'hier où nous avons évolué dans la tempête. La météo en Islande est vraiment spéciale, du jour au lendemain on peut passer d'un extrême à l'autre.

Il est 6 heures tout le monde dort à point fermé, notre ami polonais Kuba ronfle bruyamment au milieu du dortoir, en travers sur 2 matelas. Il faut que je retourne tester ces toilettes à l'eau chaude... Je m'habille le plus silencieusement possible, me chausse de mes grosses bottes de neige et je sors. Il a dû geler cette nuit car la neige est dure comme de la pierre et crisse sous mes pas, j'ai l'impression de marcher sur des gaufrettes. La source chaude fume en silence et surprise : une douzaine de motos neige sont arrivées durant la nuit.

De retour dans le refuge je constate que tout le monde est debout, certains sont toujours à l'étage en train de faire leur sac alors que Rob s'attaque à la préparation du petit déjeuner. Certains n'ont pas l'air d'avoir passé une aussi bonne nuit que moi, ils ressemblent à l'abbé Pierre après dix ans de crack.

Comme tous les matins nous prenons du muesli ainsi que du pain tartiné avec ce qui ressemble à du pâté islandais, des fruits secs ainsi que des tranches de... mouton fumé je crois. Notre amie russe Helina beurre les tartines de pain qui serviront aux sandwichs de midi tandis que notre amie islandaise Ute s'applique à couper un saumon en tranches régulières qui viendront les garnir.

Je commence à sentir la chèvre. D'ailleurs notre guide vénéré me traite de "goat", ce qui représente un affront considérable à mon amour propre. Une douche serait la bienvenue, mais nous démarrons seulement notre troisième journée et il en reste sept, donc il va falloir faire preuve de patience.

Une fois le repas avalé, les sacs bouclés et les pulkas harnachées nous partons sous un soleil radieux et un froid vif, les conditions idéales.



Publié à 13:40, le 1/01/2019,
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Sous le soleil

Le vent est complètement tombé mais il fait toujours très froid. Je ferai l'erreur de ne pas me couvrir assez le visage et de revenir du séjour complètement brûlé au visage avec des boutons sur le front, je ressemble à un type ayant attrapé une maladie inconnue après avoir fait l'amour avec un bouc. Les rayons du soleil claquent comme les lanières d'un fouet sur notre peau meurtrie.

Sous ces latitudes l'air est très pur, ce qui accentue l'effet du soleil. Avec la réverbération je serai très fortement cramé sous le nez au niveau des narines, désormais ça me brûle quand je me mouche. Et comme avec le froid nous avons constamment la goutte au nez nous passons notre temps à nous essuyer d'un revers de gant.

La neige est excellente ce matin, de la bonne poudreuse. Je demande à Rob pourquoi nous ne descendons pas vers le sud en suivant la F 752 et il me répond que c'est pour éviter les skidoos qui empruntent cette piste. Et puis il ne connaissait pas ce coin alors c'est aussi par curiosité.

Quand je pense que "prendre ou non mes lunettes de soleil" a été la question girouette avant le départ, je ne les regrette pas aujourd'hui. Je ne m'attendais en fait qu'à du mauvais temps, au mieux à un ciel couvert.



Publié à 13:42, le 1/12/2018,
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Après Laugafell

 



Publié à 20:00, le 1/11/2018,
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Rivière après Laugafell

Par beau temps tout paraît vraiment plus joli cela ne fait aucun doute. Et notre vitesse moyenne double ou triple par rapport à un jour de tempête. Beaucoup de choses sont modifiées dans un tel environnement, dans cet infini même les sons semblent se propager différemment. C'est étrange je me sens complètement dépaysé et à la fois un peu chez moi. Cependant il convient de rester sur ses gardes face à cette terre qui n'a rien d'autre à offrir que le vent en récompense.

Le lieu est plein de pièges, par exemple ici les distances sont trompeuses. Ainsi nous commençons à avoir en ligne de mire le Tungnafjellsjokull dans le lointain, de par la pureté de l'air on y distingue une foule de petits détails très nets, le glacier paraît relativement proche mais je ne saurais dire à quelle distance.

Nous nous sentons tous euphoriques, quand on vous dit que le grand air ça soule !



Publié à 11:45, le 1/11/2018,
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Notre guide ouvre la voie

Pendant deux ou trois kms nous longeons une rivière tantôt couverte par une épaisse couche de neige, tantôt coulant à ciel ouvert.

A un moment, Rob qui jusqu'ici skiait loin devant s'arrête et nous montre quelque chose dans la neige en tendant un de ses bâtons. Nous le rejoignons, il s'agit de la trace d'un renard arctique. Je suis surpris, je ne pensais que nous n'en trouvions que dans le Hornstrandir. Il nous dit qu'on en trouve partout.

L'immense plateau enneigé se charge de remettre l'humain à sa minuscule place, ici dame nature vous tolère, au mieux. Nous progressons bien aujourd'hui et nous nous retrouvons vite face à une grande plaine qui semble infiniment large, infiniment plate.

Rob file en tête, pour voir si tout le monde suit il se retourne régulièrement en arborant un grand sourire, il a beau connaître le coin par coeur pour y être déjà passé plusieurs fois, il semble prendre son pied. Cependant il nous impose un rythme assez soutenu, arguant qu'aujourd'hui la météo est enchanteresse et qu'il faut parcourir un maximum de distance, car on ne sait jamais le temps qu'il fera demain. Les prévisions météorologiques sont difficiles à effectuer en Islande car le temps y est très instable, une journée de grand beau comme aujourd'hui peut se changer en journée de tempête le lendemain d'un coup d'un seul et sans signe annonciateur. On peut même dans le pire des cas subir les quatre saisons en une seule journée, avec du soleil le matin et de la neige et du vent fort l'après-midi.

En résumé le décor est ici d'une beauté incroyable mais il ne faut jamais oublier que nous ne sommes que des spectateurs, de simples spectateurs. On se sent comme en sursis dans le désert avec par endroits des congères de neige qui tentent d'avaler le lieu.



Publié à 11:46, le 1/10/2018,
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Jouge sous le soleil

Nous nous ressourçons un peu avant d'entamer une longue agonie, celle du Sprengisandur. Rob ouvre la voie et se jette dans ce vaste désert blanc comme on se jetterait dans le vide. Rien ne vit ici, les rares rivières qui y entrent s'y perdent à jamais et ne connaîtront d'autre mer que cet océan de cendre et de gravillons recouvert de neige. Mais au fait quelle est l'épaisseur du manteau neigeux ici ? D'après ce que j'ai vu je dirais 80 cm minimum. Contre certains rocs ou accidents de terrains des congères incroyables se sont formées, avec le redoux certaines d'entre elles se sont effondrées en mini avalanches, donc il faut bien faire attention où l'on installe sa tente.

On se sent vraiment seul ici en évoluant sur ce qui ressemble à une sorte de terra incognita. Aucune trace de vie, ni animal, ni plante, la vie n'a rien à faire ici, on pénètre dans le grand désert blanc comme une épine dans un pneu. Du coup le pays en hiver nous apparaît comme moins voluptueux, plus sincère.

Je profite d'avoir un peu d'avance pour demander à notre amie canadienne Janine de m'immortaliser sur les skis avec ma pulka. Pas un souffle, pas un bruit, le silence absolu comme je ne l'ai jamais entendu.

 



Publié à 11:48, le 1/09/2018,
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Effondrement d'une corniche de neige

 



Publié à 20:00, le 1/08/2018,
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En file indienne dans le Sprengisandur

Nous

Nous sommes en plein centre du Sprengisandur, le grand désert du centre de l'Islande où le vent règne en maître.

Dans les sagas islandaises on appelle souvent la piste du Sprengisandur  "la piste de sable". Dans l’antiquité cette piste n’était utilisée qu’en été pour relier le sud au nord. Dans les esprits islandais l’endroit est hanté par les fantômes : on peut le découvrir dans la chanson islandaise célèbre A Sprengisandi, écrite par Grimur Thomsen. 
Le meilleur moment pour traverser ce désert est juillet et août, mais si nous y sommes en mars c'est parce que nous aimons la difficulté... Jusqu’en juin on trouve encore des plaques de neige un peu partout. La piste n’est ouverte aux véhicules qu’à partir de juillet. Parfois mi-juillet. L’été peut être très court : déjà dès la mi-août on sent que le temps change, et la neige peut revenir facilement. Les premières vraies tempêtes de neige reviennent dès septembre.
L’été, la température sur cet immense plateau peine à atteindre les 10 °C, le vent souffle en continu. Certaines tempêtes hivernales peuvent plier en quatre toutes les tentes qui existent. Il ne pleut pas beaucoup sur le haut plateau, mais avec le vent une pluie même relativement faible peut vous tremper jusqu’aux os.
En hiver les températures oscillent le plus souvent entre 0 et -10 °C, après tout l’Islande est cernée par un océan chaud pour ces latitudes, ceci grâce au Gulf Stream. Sur les hauts plateaux du centre les températures en-dessous de -20°C sont assez rares finalement. On peut considérer que l’hiver pur et dur dure jusqu’en avril. Parfois l’hiver peut être très pauvre en neige dans sa première partie puis en mars les fortes chûtes arrivent. Ce fut le cas en 2001.
Si d’aventure à l’occasion d’un redoux il se met à pleuvoir en hiver, l’eau inonde tout et transforme certaines portions en marécage, le sol étant gelé l’eau n’arrive pas à s’infiltrer dans la terre. Que du bonheur en somme...
C'est plat à perte de vue, ici le GPS est indispensable, s'orienter simplement avec une carte et une boussole est pratiquement impossible, il n'y a aucun repère.
L'exploration du Sprengisandur en hiver est une pure folie, on m'en avait parlé, je l'avais lu, je l'avais même rêvé. J'avais d'ailleurs toujours pensé que c'était un bel endroit où mourir mais à présent je n'en suis plus aussi convaincu. Et instinctivement je regarde autour de moi à la recherche d'un éventuel plan B.


Publié à 11:49, le 1/08/2018,
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Entrée dans le Sprengisandur

 



Publié à 20:00, le 1/07/2018,
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Dans le Sprengisandur

Quand nous atteignons le sommet des petits vallons plus exposés nous zigzaguons parfois car le vent y a chassé la neige et mis la cendre à nue. Notre ami polonais Kuba skie devant et passe son temps à se remettre les boules en places ; chez nous français pour attirer la chance c'est plus simple : on touche du bois. Il est sympathique Kuba, d'ailleurs je l'enfermerais bien au fond d'un musée dans un bocal de formol comme curiosité rare à conserver.

Face à de tels panoramas nous ne pouvons nous empêcher de penser que les paysages islandais mériteraient vraiment une appellation d'origine contrôlée. Mais en même temps devant tant d'uniformité et de désolation l'endroit donne l'impression d'être comme fané avant l'éclosion.



Publié à 12:51, le 1/07/2018,
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Pause, assis sur les pulkas

Rob nous impose un rythme trépidant, il nous bouscule de l'avant, pas le temps de s'émouvoir. Le vent est complètement tombé, le soleil brille tiède, de plus en plus haut dans le ciel. 12h45, Rob s'arrête et nous fait le signe temps-mort avec ses 2 mains, et nous crie : "lunch time !". Nous sortons nos sandwichs au saumon préparés ce matin au refuge de Laugafell. Et là il ne m'est pas possible de continuer sans vous parler du saumon islandais... Tant qu'on n'a pas goûté au saumon islandais et au skyr on n'a qu'une vision sommaire du paradis.

L'endroit est balayé par une brise silencieuse, et du coup nous avons vite froid dès que nous nous arrêtons, aussi je me hâte de renfiler ma veste polaire sous ma gore tex, certains sortent leur doudoune en duvet de la pulka. Les thermos trônent debout sur la neige, certains contiennent du thé, d'autres du café, des boissons à base de poudre énergisante en protéines ou tout simplement de l'eau chaude. Outre les barres céréalières, les fruits secs et tartines diverses nous dégustons à la petite cuillère les charmes de l'Islande en hiver.



Publié à 11:53, le 1/06/2018,
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Panorama

Quand la météo est avec nous, le désert du centre du pays nous apparaît comme incroyablement beau. Ces vastes étendues blanches semblent nous murmurer du bout des lèvres : "viens !".

Notre guide nous raconte que du temps des pionniers les criminels étaient tout simplement bannis dans l'intérieur du pays, au milieu des terres hostiles, avec interdiction de se rapprocher des côtes, autant dire qu'ils étaient condamnés à une mort certaine. Un de ces hommes, Fjalla-Eyvindur et sa femme Halla ont survécu une vingtaine d'années au milieu du Sprengisandur. Cela se passait vers 1760, une source chaude porte même son nom quelque part. Avec une source d'eau chaude à proximité les chances de survie sont plus élevées même si survivre 20 ans ici reste un exploit.

Bob nous précise qu'il faisait cuire la viande de mouton en la faisant baigner dans les sources d'eau chaude. Qu'il faisait aussi cuire des oeufs en les enfilant dans une chaussette qu'il mettait à tremper dans la source.



Publié à 06:00, le 1/06/2018,
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Medley

 



Publié à 22:00, le 1/05/2018,
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Dans le Sprengisandur

 



Publié à 20:00, le 1/05/2018,
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En direction du Tugnafjellsjokull

Le Tungnafjellsjokull nous apparaît enfin à porté de skis. Je suis complètement toasté par le soleil. Nous sommes le 26 mars, je me sens comme en fuite depuis 5 jours, comme un exilé fiscal ou un gangster en cavale. Bien souvent je ne sais même plus l'heure qu'il est, cette plongée brutale et intensive dans le grand blanc m'a complètement désorienté. Nous cherchons désespérément quelque chose sur quoi accrocher le regard mais tout est blanc et vide alors nous restons en suspens, les yeux braqués sur les détails du relief du Tungnafjellsjokull.

Sous la réverbération de la neige le glacier semble léviter légèrement, et nous narguer du haut de ses 1500 mètres. La lumière forte le transforme en lanterne géante car le soleil s'y mire.



Publié à 13:54, le 1/05/2018,
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Camp n°1 dans le Sprengisandur

Soudain notre guide s'arrête et sonde la neige en retournant son bâton. Il cherche un emplacement où la couche de neige sera assez épaisse pour installer les tentes. Il en faut une bonne quarantaine de cm pour planter les skis. A noter au passage que les skis doivent être plantés avec les carres vers les tentes pour qu'elles ne scient pas les cordes d'amarrage.

Nous établissons le campement à 64° 52 136 et 18° 11 518 avec seulement 5 satellites en vue directe donc précis à 25 mètres. Nous montons en hâte la première tente dans le vent qui se lève avec la venue du soir. Les nuages reviennent aussi, mais nous n'allons quand même pas pleurnicher parce que le soleil n'est plus là, nos larmes risqueraient de geler et nous empêcheraient d'admirer les étoiles les nuits prochaines. Rob s'y engouffre et commence à faire fondre de la neige pour la préparation du dîner. Nous montons les autres tentes, vidons nos traîneaux de plastique et démarrons la construction d'un grand mur de neige pour protéger les tentes. En effet Rob a appelé un météorologiste par téléphone satellite et il lui a été dit qu'une tempête se prépare avec des vents forts dans un flux de sud ouest. Ca va secouer un peu. Pourvu que nous ne restions pas coincé plusieurs jours ici... Nous sommes presque tous de jeunes et forts gaillards capables de résister à ça mais si les voyages forment la jeunesse, le vent islandais déforme les tentes. Nous tâchons donc de nous appliquer à les monter correctement.

C'est assez calme pour le moment et très beau comme coin, mais la beauté de l'endroit cache un réel danger. Combien de campeurs ont dû appeler en urgence les Icelandic Rescue Team après s'être  retrouvés à ciel ouvert ? Les mêmes qui m'avaient ramassé une fois dans le Maellifellsandur.

Tout est plat dans le secteur comme si le relief avait été effacé de longue date par les vents incessants du Sprengisandur qui ont la voie libre pour prendre leur élan.

Sur les 71 espèces d'oiseaux nichant en Islande nous n'aurons vu qu'un seul petit moineau venu tenter de nous subtiliser quelques miettes de pain à l'occasion du repas, Nous nous demandons d'où il peut bien sortir, nous sommes à 100 kms de toutes habitations.



Publié à 13:56, le 1/04/2018,
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construction d'un mur de neige

Pendant que notre guide émérite s'active à nous préparer le dîner (en doudoune orange dans la tente du premier plan) nous construisons un mur de neige qui servira à protéger les tentes du vent. Ce mur servira aussi à abriter les pulkas et éviter de les retrouver à 2 kms du campement ou ensevelies sous une épaisse couche de neige. Notre ami russe Maxim a amené avec lui une scie à neige qui s'avère fort utile pour découper des blocs de neige réguliers. Ces derniers seront plus faciles à empiler que des blocs irréguliers taillés grossièrement. Maxim est un monstre, une grosse bête d'1,80 m. avec du poil partout, chez lui la pilosité a colonisé des zones improbables qui vont de la base du cou, passant par les épaules et finissant sur le dessus de ses doigts. Une grosse bête je vous dis. Cette force de la nature a un tableau de chasse bien garni : vivant à Moscou il a exploré son pays jusque dans les moindres recoins, il est déjà allé titiller deux fois la péninsule du Kamtchakta, a passé 3 semaines sur la mer blanche tout seul sur son radeau où il a surtout vécu de sa pêche, et a atteint le pôle nord en skis en tractant une pulka. Quand il s'approche de nous il nous nous fait de l'ombre, mais il s'en excuserait presque, il est doux, calme et d'une gentillesse incroyable. S'il n'était pas si brun mais blond on pourrait presque le confondre avec un ours polaire.



Publié à 15:17, le 1/03/2018,
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La nuit tombe

Dire que nous allons dormir ici au milieu de ce gigantesque plateau désertique crée il y a 20 millions de fois mon âge. Pourvu que cette nuit le ciel ne parte pas dans une de ces colères atmosphériques dont le Sprengisandur s'est fait la spécialité... C'est assez paradoxal mais je ressens un réel plaisir à passer la nuit dans un endroit aussi improbable, à craindre le déchirement de la tente quand le vent hurle.



Publié à 20:00, le 1/02/2018,
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construction des toilettes

Alors que j'apporte un bac de neige fraîche immaculée à Rob pour qu'il fasse de l'eau, nos amis polonnais Kuba et belge Erik nous construisent les toilettes. Ces dernières se résument à un simple trou  dans la neige et à un mur de neige. Ce n'est pas le grand luxe mais il faudra s'en contenter. Sortir à quatre ou cinq heures du matin poser sa prune dehors en pleine tempête, avec le vent qui crie est quelque chose d'à la fois sportif et coquasse. Les toilettes étant construites à une bonnes trentaine de mètres des tentes nous avions pris l'habitude de planter une pelle à neige devant pour les repérer, car en cas de brouillard épais (ce qui est le cas très souvent) nous ne les aurions jamais retrouvées. De plus la pelle nous servait de marquage : la pelle plantée devant le mur indique que ces dernières sont libres, la pelle invisible car prise avec nous de l'autre côté du mur signale que ces dernières sont occupées. Méthode préhistorique.

Le jour décline vite maintenant nous sommes presque dans l'obscurité. Puis soudain résonne la voix du boss : "soup is ready !". Il roule les R c'est incroyable... Et à ce moment l'odeur du beurre chaud devient la plus adductive des drogues.

Nous nous précipitons tous affâmés à l'entrée de la tente de Rob en lui tendant nos gamelles, puis nous retournons manger dans nos tentes à la lumière de nos lampes frontales. Les trolls et les elfes restent quant à eux tapis dans l'obscurité loin du faisceau de nos lampes. S'en suit un plat de pâtes avec une sauce approximative, nous ne rechignons pas nous avons tous une faim de loup. Ensuite nous ne traînons pas : un dernier coup de vodka ou de cognac puis nous nous enfonçons dans nos sacs de couchage. Hic !



Publié à 10:20, le 1/02/2018,
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Le camp s'endort

Le camp s'endort dans le silence, autour de nous rien ne bouge, c'est le royaume du figé. La pénombre devient bientôt obscurité, le Sprengisandur semble s'endormir. La nuit commence en douceur je m'endors vite. Mais je suis réveillé plusieurs fois dans la nuit à cause de violentes bourrasques d'une vingtaine de minutes à chaque fois. Ici  tout change vite, on s'endort sous une jolie brise et on se réveille à ciel ouvert, il faut être constamment prêt à réagir au quart de tour visiblement, toujours le doigt sur la gâchette.



Publié à 08:00, le 1/02/2018,
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Réveil à la fraîche

6h00.. Et le petit jour me vit émerger de mon sac de couchage moite, un peu hagard, cerné (probablement), dans une tente essoufflée. Je n'ai jamais dû atteindre le stade du sommeil paradoxal cette nuit là, j'ai somnolé tout au plus.

je me lève rapidement, le temps d'enfiler deux ou trois couches supplémentaires. Il est tôt, mais je n'ai aucun mérite : ma vessie me tient éveillé depuis une bonne heure, mais l'envie trop forte finit par m'extraire des plumes. Je sors jaunir un peu la neige près de la tente.

La nuit m'a paru longue, je n'ai pas vraiment bien dormi à cause du bruit du vent qui nous a fait un concerto en bruit majeur toute la nuit.



Publié à 04:00, le 1/02/2018,
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Le Tungnafjellsjokull se rapproche

Hier avec le beau temps nous avons progressé rapidement à une moyenne de 4,5 ou 5 km/h, pour un groupe de neuf ce n'est pas si mal. Mais aujourd'hui avec le mauvais temps notre moyenne chute autour de 2 ou 2,5 km/h, et ce qui en temps normal pourrait se faire en trois heures nous en demande cinq. Heureusement l'étape d'aujourd'hui ne fait que 14 kms en ligne droite grâce à l'avance prise hier avec le beau temps.

Le Tugnafjellsjokull semble maintenant accessible, depuis le temps qu'on l'avait en ligne de mire cela fait plaisir. Sur les derniers kms nous avons traversé de nombreuses zones recouvertes de glace vive comme sur la photo ci-dessus. C'est caractéristique du Sprengisandur : le vent souffle en continue, parfois très fort, de ce fait il chasse toute la neige récente du sol, ne laissant plus que la veille neige verglacée. Parfois le vent est si violent qu'il arrache carrément toute la neige du sol, ensuite sous son action la cendre du sol s'assèche et s'envole. Ainsi de nombreuses tentes se sont retrouvées détruites car passées à la sableuse avec la cendre, des tentes parmi les plus solides du marché. Ce n'est pas seulement le vent lui-même qui détruit les tentes mais aussi ce phénomène de sableuse qui finit par déchirer les tissus. On trouve quelques témoignages sur le web.

Le Tungnafjellsjokull approchant, le refuge de Nyiadalur n'est plus très loin et tant mieux car depuis ce matin nous progressons sous un vent fort qui varie entre 15 et 20 mètres par seconde  accompagné d'une pluie fine qui va crescendo, cela ressemble à de la bruine par moment. Tout ceci augmente la sensation de froid.



Publié à 15:22, le 1/01/2018,
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Pulka enneigée

Les pauses boissons-chaudes en pleine tempête ne nous permettent pas de bien récupérer finalement. Mais traverser le pays en hiver sans difficulté aucune aurait quelque chose de pas naturel, cela reviendrait à manger du pain sans sel, il aurait manqué quelque chose. Au final cela donne à notre expédition un petit côté "se battre pour sauver sa peau".

La météo est la clé de la réussite, et face aux assauts du vent nous ne sommes plus que les pions d'une gigantesque partie d'échec. Dans les moments les plus durs, pour tenir le coup il devient indispensable de se déconnecter et d'agir de façon mécanique. D'ailleurs le fait d'avancer dans un gros blizzard, en suivant tête baissée la file, les yeux rivés sur la pulka qui nous précède, cela crée le phénomène de tunnélisation bien connu dans ces cas-là. Toutes ces heures où le vent ne cesse de nous tabasser des heures durant, et bien nous finissons par ne plus l'entendre siffler contre notre capuche, oui c'est un bruit que nous finissons par assimiler et à mettre de côté dans un coin de notre tête. On se retrouve alors dans une sorte de silence, mais ce n'est pas un silence vide, on dirait plutôt que tout retient son souffle.



Publié à 20:00, le 1/12/2017,
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Brouillard

 



Publié à 18:00, le 1/12/2017,
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Proche de Nyiadalur

 



Publié à 17:30, le 1/12/2017,
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Approche de Nyiadalur

 



Publié à 17:00, le 1/12/2017,
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Nyiada

1 - Sprengisandur, vers Tomasarhagi

2 - Sprengisandur

3 - Arrivée à Nyidalur

4 - A l'abri d'une congère à Nyidalur



Publié à 16:45, le 1/12/2017,
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Arrivée au Refuge de Nyiadalur

Nous avons parcouru une quinzaine de kms avec un vent de face à environ 12 m/seconde accompagné de bruine. Une partie du groupe est à la traîne et arrive quelques minutes après nous, mais ils ne nous ont jamais perdu de vue car l'accès au refuge nécessite d'effectuer une grande boucle où personne ne se perd de vue, ils sont tous proches sur l'autre rive de la rivière en fait.

La grande inconnue de cette étape était l'état de la rivière juste avant le refuge : serait-elle ouverte ou gelée. L'idée de traverser à gué une rivière gelée large de 25 ou 30 mètres n'enchantait personne dans le groupe. Surtout sous ces conditions météo. Finalement elle était en partie gelée nous obligeant à faire une grande boucle par l'ouest. Nous avions tous à porté de main, dans une poche de pantalon ou sur le haut de la pulka un bout de serviette éponge pour s'essuyer les pieds au cas où.

L'ouverture de la porte du refuge n'a été possible qu'au terme de beaucoup d'efforts, sans piolet nous n'aurions jamais pu entrer, la porte étant prise dans la glace. Les pelles nous ont également été d'un grand secours pour accéder à la petite cabane des toilettes : nous avons dû creuser une tranchée d'une vingtaine de mètres de long pour y faciliter l'accès.

Il ne fait pas chaud dans le refuge c'est le moins que l'on puisse dire, de la fumée sort de notre bouche quand nous parlons, aussi tout  le monde a gardé sa veste polaire ou sa doudoune le temps que le poêle réchauffe l'intérieur. Les matelas sont imprégnés d'une odeur tenace de sueur, c'est bien le signe que cet endroit se mérite, il faut en suer pour arriver ici.

Alors que nous prenons tous un café à l'intérieur j'aperçois notre ami russe Maxim qui patauge dans une flaque d'eau devant la fenêtre de la cuisine. Tout le monde est transit de froid mais pour lui le thermostat est idéalement réglé, c'est un environnement normal, il se plaît, s'amuse.



Publié à 16:25, le 1/12/2017,
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Nyidalur sous le vent



Publié à 20:00, le 1/11/2017,
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Préparation du repas

Nous sommes arrivés au refuge de Nyiadalur dans des conditions dantesques, trempés jusqu'à nos fixations Rottefella. S'il avait fallu camper ce soir s'eût été archi dur. Nous vidons les pulkas et nous nous regroupons autour du poêle. Ce soir c'est notre ami russe Maxim qui nous prépare une soupe de chez lui : la Bortsch. Alors il sort de son sac tous les ingrédients nécessaires à sa préparation, notamment une boite de miettes de boeuf. Notre amie russe Helina nous explique qu'il en existe plusieurs variantes, parfois avec de la betterave. Puis arrive le moment du dîner et de goûter cette fameuse soupe russe, et force est de constater que c'est excellent. En tous cas cela nous change de toute l'alimentation lyophilisée et sous vide que nous avons pu avaler depuis le départ, des odeurs épicées battent l'air, Maxim semble être un cuisinier inspiré. L'ambiance tourne vite à la fête ce soir : envoi d'une poignée de confettis multicolores, pouêt ! pouêt ! Klaxon !

Au cours du repas nous parlons équipement avec Rob. Il dit que le mieux est de porter du synthétique même si cela garde les odeurs de transpiration, mais que le graal reste la laine ! Il nous prévient de ne surtout pas porter de coton car cela met une éternité à sécher et avec le froid les sous vêtements regèlent directement sur notre peau avec un risque d'hypothermie, il nous dit : "people who wear coton in this country can died". Puis tout fier il ajoute : "you've got two sorts of equipment. You've got equipment for Iceland and you've got equipment for the rest of the world". Allé mange ta soupe Rob...

Il nous parle ensuite de l'histoire du lieu. Nyiadalur signifie "nouvelle vallée" parce qu'il y a bien longtemps, en des temps immémoriaux le glacier tout proche recouvrait toute cette zone. En se retirant il a libéré la "nouvelle" vallée où nous sommes.



Publié à 13:27, le 1/11/2017,
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Repas à Nyiadalur

 



Publié à 11:00, le 1/11/2017,
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Soupe russe

Maxim's concept...

Je ne pouvais pas laisser passer cette macro de la soupe russe de Maxim.  Notez la position pertinente de la bouteille de vodka... à portée de verre... toujours...  Ajoutez une pincée de poivre et vous planez.



Publié à 08:00, le 1/11/2017,
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Evacuation des flaques d'eau



Publié à 12:00, le 1/10/2017,
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Déneigement de la fenêtre

Le refuge est équipé de panneaux solaires destinés à charger les accus pour l'éclairage, sauf que les dits accus sont à plat. Je fais remarquer au reste de la meute que nous y verrions certainement plus clair si nous consentions à enlever la neige amassée en congères devant les fenêtres. On est ici en plein centre de l'Islande et le temps y est très souvent exécrable en hiver, le sol du sas du refuge est même recouvert d'une épaisse couche de glace vive. Plus tard nous la briserons à coups de piolet. Notre guide se charge de l'opération de déneigement, assisté de notre ami polonais Kuba.

Heureusement que nous ne sommes pas coincés dans les tentes. Même le lit au matelas bon marché, incurvé par les années, me paraît confortable.

 



Publié à 13:32, le 1/09/2017,
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Tempête à Nyidalur

 



Publié à 20:00, le 1/08/2017,
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Dehors la tempête fait rage

Nous n'avons parcouru que quatorze kms aujourd'hui pour arriver au refuge. Arrivés vers 14h00 nous avons eu tout l'après-midi pour nous installer. Dehors le vent se renforce, atteignant 20 mètres par seconde et sûrement plus en rafale, il devient très difficile de se tenir debout surtout sur les passages verglacés où le vent nous pousse en glissades. Sur une mare d'eau formée devant la porte d'entrée le vent crée des vaguelettes et arrache parfois des paquets d'eau qu'il emporte au loin. Aussi pour accéder à la cabane des toilettes derrière le refuge il est nécessaire de prendre un bâton de ski pour obtenir un appui supplémentaire. D'ailleurs la double porte battante des toilettes est comme d'habitude prise dans la glace qu'il faut briser avec un piolet d'alpinisme. Cela prend dix bonnes minutes, sous le Tungnafellsjokull qui surveille la grisaille.

 



Publié à 13:35, le 1/08/2017,
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Tempête du soir, espoir...

Le refuge que la lumière du soir embellit, reçoit le vent du sud en pleine face. Il souffle la neige en fortes rafales qui forme des minis congères contre chaque obstacle qu'elles rencontrent.



Publié à 11:00, le 1/08/2017,
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Sortie pipi à la lampe frontale

Il doit être 19h30 quand je ressors avec Kuba histoire de prendre un peu l'air, car à rester enfermés nous finissons par étouffer. En rentrant il flotte une douce odeur de Maïzena, Rob est en train de nous préparer des crèpes. C'est la fête !

On a passé l'après-midi à tourner en rond, comme des fauves en cage. Rob s'isole dans une pièce à l'étage pour appeler son contact au service météorologique de Reykjavik. Le météorologiste lui donne des prévisions météo sur mesure pour demain après qu'il lui ai donné notre position GPS. Le résultat tombe : la tempête va durer 2 jours avec des vents violents, jusqu'à 25 mètres par secondes, nous allons donc griller notre journée de sécurité ici demain. Mais malgré les prévisions Rob reste optimiste car les prévisions restent toujours plus ou moins aléatoires ici, le temps est très dur à prévoir avec sûreté. Wait and see...

La journée du lendemain est longue, l'inactivité nous pèse, petit moment de nostalgie dans l'oisiveté, je pense à ma famille. J'épluche le livre d'or et les quelques bouquins qui se trouvent sur une étagère, je lis même quelques passages d'une bible qui traîne là. Nous profitons de ces moments de répit pour échanger nos adresses mail.

A force de transpirer tous les jours je commence à être vraiment sale, je colle, ça me gratte... Aussi je décide d'aller me laver les cheveux dans une bassine de la cuisine à l'aide d'une tasse. Notre ami belge Erik en profite pour se raser, la cuisine se transforme un court instant en salle de bains.

Après le dîner notre ami russe Maxim fabrique un dé à l'aide d'un vieux morceau de bois trouvé sous une couchette. En plus il est bricoleur ! Il le taille à l'Opinel et le fignole à la râpe à fromage pour lui donner une forme cubique parfaite. Ou presque. A la guerre comme à la guerre... Ce dé va nous servir à jouer à un jeu russe : le Dogonyalki. C'est une version simplifiée du jeu des petits chevaux. Pour les pions j'ai les abricots secs, Odile a les pruneaux séchés et Helina a des restes de bougies. Ayant perdu, à la fin de la partie, de rage je mange mes pions.



Publié à 09:00, le 1/08/2017,
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Tentative d'un départ dans la tempête

Ce matin au petit déjeuner le sujet qui alimente la conversation est le vent. Il a hurlé toute la nuit contre les murs du refuge me réveillant à plusieurs reprises. A un moment donné on eut dit que des poids lourds avaient laissé leur moteur tourner devant la porte.

Après avoir inspecté le ciel Rob propose que nous tentions une sortie malgré le blizzard. Nous sommes tous pressés de nous confronter à la tempête après toute l'après-midi d'hier passé à tourner en rond dans le refuge. Les pulkas sont vite ficelées. Dehors les sommets qui nous entourent paraissent nous défier, ils semblent nous dire : "venez si vous l'osez !". Il a gelé fort cette nuit, les rares flaques que le vent chahutait hier encore devant la porte sont prises dans la glace, tout est gelé. D'ailleurs Kuba qui rentre des toilettes nous dit : "outside no more water". Il fait -5°C à l'abri du vent, en plein vent on a une sensation de -20 ou -30°C. De plus le vent du sud rend les congères mobiles comme les dunes dans le désert, un monde incontrôlable.

Le poêle s'éteint dans un bruit de grille pain, puis nous nous lançons.

 



Publié à 13:37, le 1/07/2017,
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Tempête au départ de Nyiadalur



Publié à 20:00, le 1/06/2017,
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Départ vers le col

Je trouve notre guide optimiste de tenter une sortie par un temps pareil, nous n'y arriverons jamais. Derrière nous le refuge disparaît dans la brume comme un confetti au fond de la vallée. Le brouillard semble s'épaissir nous n'y voyons pas à cent mètres. Les risques de se perdre pour les retardataires sont réels, nous devons restés collés, aussi notre ami russe Maxim a enregistré le numéro de portable du guide au cas où. Le vent est tellement violent qu'il ouvre le rabat de la fermeture éclair de ma gore tex et vient y entasser de la neige. Sans le rabat de protection la fermeture éclair n'est plus imperméable et j'ai le torse qui commence à être mouillé. C'est inouï comme dans certaines conditions le temps peut paraître élastique, nous ne sommes partis que depuis trente minutes et j'ai l'impression que cela fait deux heures.



Publié à 16:39, le 1/06/2017,
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Tempête au-dessus de l'aérodrome de Nyiadalur

 Le vent nous attaque de face et nous place dans une situation sans issue. Je me retourne souvent pour vérifier que les autres suivent et m'aperçois qu'ils sont couverts de givre. Moi également : mon surpanlon laisse échapper la transpiration car en gore tex, transpiration qui gèle aussitôt, je suis couvert de glace sur les deux jambes.

Nous venons de dépasser le petit aérodrome de Nyiadalur quand Rob s'arrête et nous dit que si ici à 800 mètres d'altitude les conditions météo sont si mauvaises, alors au col là-haut à 1050 mètres ce sera impassable. Il nous suggère donc de retourner au refuge et de griller notre journée de sécurité aujourd'hui.



Publié à 08:00, le 1/06/2017,
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Retour au refuge de Nyiadalur



Publié à 11:30, le 7/05/2017,
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Retour au refuge en catastrophe

Nous retournons donc penauds au refuge, la neige tourbillonne, le vent nous pousse par derrière nous faisant tous chuter à tour de rôle. Le vent remplit nos frêles traîneaux de neige. L'ambiance devient un peu trop Titanic à mon goût. Même Rob ne semble pas tranquille et son inquiétude finit par contaminer toute l'équipe, sans compter qu'il claque un froid à péter une durite, un froid vif à vous fendre les poumons. Cet air glacial s'engouffre en de violentes bourrasques par les manches ne nos vestes et nous gonfle comme des bonhommes Bibendum.

S'ingéniant donc à ne pas céder à l'engourdissement du froid toute l'équipe s'ébroue, et c'est complètement ahuris, presque incrédules, que nous rentrons dans le sas du refuge.



Publié à 13:40, le 1/05/2017,
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Retour au refuge

Dans les dix dernières minutes le vent m'a envoyé deux fois à terre, m'égratignant légèrement la lèvre inferieure. Nous appellerons cela le baiser du Sprengisandur. La neige qui s'est mise à tomber s'ajoute à ce tableau déjà difficile. Qu'auriez-vous fait à notre place ? Chaman dans l'âme, vous auriez twisté pour invoquer le soleil ? Nous avons atteint notre seuil de tolérance. C'est pas la panique mais je suis quand même passé en code orange. Le Sprengisandur ne semble pas vouloir nous laisser passer, salopart va !



Publié à 12:30, le 1/05/2017,
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Retour sous les bourrasques

Le vent nous pousse dans le dos et nous fait rejoindre le refuge sans que ayons à nous aider de nos bâtons c'est presque trop simple.



Publié à 12:15, le 1/05/2017,
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Back to the shelter

 



Publié à 12:00, le 1/05/2017,
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Retour au sas du refuge

Tout cela pour rien...

Nous nous pressons de rentrer les pulkas à l'abri, nous les vidons et les positionnons verticalement pour les faire sécher. Nous suspendons également les sacs. Notre sortie en tout et pour tout n'aura duré qu'une heure ou une heure et demi, et tout est déjà bien trempé. Le refuge n'a pas encore eu le temps de se refroidir, nous nous hâtons de rallumer le poêle.

Dehors le ciel est lugubre, le paysage est fantomatique avec un vent à décorner les trolls. Nous suspendons à nouveau nos affaires à sécher autour du poêle. Ce type de temps est vraiment sournois, cela épuise à petit feu, les jambes, les nerfs, le cerveau.



Publié à 11:00, le 1/05/2017,
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Briefing sur le parcours

 Le lendemain le temps n'a pas changé, le vent est toujours trop fort pour que nous tentions une sortie aujourd'hui. Nous grillons une seconde journée coincés ici. Il nous sera donc impossible de terminer le raid au point prévu, adieu le bain dans la source chaude du Landmannalaugar...



Publié à 06:00, le 1/05/2017,
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A la lueur de la chandelle à Nyiadalur

Encore une autre journée passée dans le refuge à attendre que la tempête se calme donc. Encore une journée passée à jouer au Dogonyokil avec des fruits secs en guise de pions et le dé made in Russia par Maxim. Au passage ce fameux dé n'est pas un cube parfait et nous avons constaté qu'il sortait souvent le 4. Un nouveau passage à la râpe à fromage lui serait certainement salutaire, mais nous préférons garder nos forces.

A force de me cramponner à mes bâtons de skis je commence à avoir une de ces poignes !

Nous passons la journée à tourner en rond à multiplier les allers-retours entre la cuisine et nos couchettes. Je tente de téléphoner en France, depuis la pièce de l'étage pour essayer d'avoir un peu plus de réseau, et à ma grande surprise j'obtiens la communication. Une bise à ma dulcinée depuis le centre de l'Islande, un coucou aux enfants et un mot pour les rassurer sur la situation. La communication est brève car je dois économiser ma batterie. Ce bref échange m'a redonné la pêche.

Mais quelle heure est-il au fait ? Avec cette activité soutenue et ce grand isolement j'ai tendance à perdre mes repères, je ne sais jamais quand nous sommes. Il n'est que 17h00. Nous engrangeons des calories en nous tartinant des tranches de pain avec les produits locaux que Rob a emporté. A force de nous confronter au froid notre appétit change, le besoin de manger gras augmente. En réalité à l'exception du repas du soir qui est assez copieux, le reste de la journée s'apparente plus à des pauses grignotage qui se multiplient. Le repas de midi ne se limite qu'à deux petits sandwichs car la pause déjeuner s'effectue le plus souvent en plein vent et dans le froid dans le meilleur des cas et cela ne facilite pas la préparation d'un repas plus cuisiné sur place. Parfois nous avalons notre déjeuner de midi sous la bruine, la neige et même sous la grêle une fois.

Je passe une partie de l'après-midi à relire le guestbook. J'y vois qu'un certain Pierre C. est passé par là la semaine dernière, tout seul à skis et pulka et se sentait un peu effrayé à l'idée de devoir monter sa tente dehors derrière le refuge sous ce vent terrible. Il fut rassuré de voir que le refuge était ouvert. Salut à toi Pierre C. !

Durant l'après midi histoire de passer le temps je passe deux heures à lire un livre en français sur les oiseaux d'Islande. J'en profite pour poser quelques questions à notre amie islandaise Ute qui est ornithologue en Islande.

Vers 20h00 nous passons à table. Rob nous a préparé un risotto qui n'a du risotto que le nom. Mais il est excellent. Puis à la fin du dîner il monte s'isoler à l'étage pour obtenir notre météo personnalisée pour demain. C'est un service qui doit coûter très cher je pense. Il redescend avec de bonnes nouvelles : demain le vent devrait tomber à 13 ou 15 mètres par seconde, par contre il est prévu qu'il neige. Ceci dit le temps est si instable en Islande qu'il devient aléatoire de faire des prédictions au-delà de quelques heures.



Publié à 19:41, le 1/04/2017,
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Dogonyalki

Nous passons quelques temps à jouer au Dogonyalki, ce qui signifie selon Maxim "run after other".



Publié à 20:00, le 1/03/2017,
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Dogonyalki

 



Publié à 12:00, le 1/03/2017,
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Deuxième tentative de départ de Nyiadalur

Ce matin lever une heure plus tôt pour une longue journée, nous avons mis nos montres à sonner à 6h00. Nous déjeunons rapidement et partons dès 7h30. Une nouvelle journée de survie nous attend. Nous n'avons mis qu'une heure et demi avant de nous lancer car avec toutes les facilités offertes par le fait de dormir dans du dur nous avons commencé à préparer nos paquetages dès hier soir.

La météo est loin d'être magique en Islande, certes le vent a baissé mais il souffle toujours fort. Nous nous sommes tous couverts en trois couches en haut et en bas.

Avant de nous lancer notre vénéré guide Rob nous demande : "are you ready for rock'n roll ?". J'ai plutôt l'impression que le vent va nous faire twister... Nous nous lançons, laissant les cris du vent mourir contre les gouttières du refuge.

Il est prévu que nous traversions une mini chaîne de montagne, avec plusieurs cols à plus de 1000 mètres à passer. Sous les latitudes de l'Islande 1000 m équivalent à 3000 ou 3500 m dans les Alpes. Et en plein hiver cela risque de secouer.

Nous commençons l'ascension, et arrivons au mini aérodrome de Nyiadalur, le manchon nous indique que le vent vient du Sud, le manchon est complètement à l'horizontale. Si le vent vient du sud cela signifie que nous allons avoir le vent de face une fois de plus.

Nous atteignons enfin le premier col, le vent redouble, la neige tombe à l'horizontale assez fort. Les pentes sont la plupart du temps verglacées sous l'action du vent, le sommet des crêtes exposées se retrouvent à nu sans neige car le vent a tout balayé.

A un moment donné une corde de mon harnais casse et ma pulka se renverse dans un dévers, me faisant chûter en me tirant vers le bas de la pente. Assis par terre je m'efforce ne pas glisser plus bas en me cramponnant assis à mes bâtons. La personne qui me suit (je ne sais plus de qui il s'agit tant je suis préoccupé à me stabiliser) me crie dans le vent : "Stay on your skis it's safer !".



Publié à 09:46, le 1/03/2017,
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Glissades au col

 



Publié à 20:00, le 1/02/2017,
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Pris dans la tempête après Nyiadalur

Je devine ce que vous vous demandez : "Jouge est-il water proof ?", et j'entends même certaines voix s'élever : "Jouge est-il soluble dans l'eau ?". Est-il nécessaire de préciser que toute la troupe est frigorifiée jusqu'à la moelle épinière...

Nous reperdons un peu d'altitude, j'ai l'impression qu'il ne gèle plus. Nous traversons des rivières gelées que nous repérons facilement car la surface  à ces endroits est bleu turquoise, c'est magnifique. Magnifique mais dangereux car il n'est pas impossible que nous passions à travers la couche de neige. Rob contourne les bras de rivière quand c'est possible, nous faisant signe avec son bâton de bien rester dans sa trace. Nous ne dévions pas de sa trajectoire que nous nous appliquons à suivre à 20 cm près. Par endroits la glace s'affaisse et l'eau remplie les sillons faits par nos skis.  Nous nous arrêtons pour reprendre nos esprits et nous restaurer, dans notre bagarre avec le vent nous en avions presque oublié la pause du matin. Je suis trempé et gelé. C'est en s'arrêtant comme cela lors des pauses que je ressens le plus le froid, avec ma transpiration qui se refroidit sur ma peau au niveau du torse entre autres.

Notre ami polonais nous offre un bonbon au goût suspect, j'ai l'impression de sucer un suppositoire. Bref...

En tous cas une constatation s'impose : l'Islande n'est pas plate. A ce moment précis j'aimerais vraiment que tout s'arrête d'un claquement de doigt et me retrouver au chaud chez moi. Nous n'avons pas croisé âme qui vive depuis plusieurs jours et force est de constater que ce n'ai pas ici entre deux cols que nous ferons des rencontres. Le yéti peut-être... Le vent souffle sans arrêt cela devient agaçant, cela fatigue, assèche le moral, gerce les lèvres et transforme les cheveux en paillasson. Dans ces situations là nous pourrions aisément être comparés aux berserkers, ces guerriers violents et sans peur, fidèles combattants d'Odin.

Et puis le temps de repartir arrive, on tire sur notre  harnais, les muscles se raidissent, et go, ça tire sur les cuisses. Nous nous sentons comme neuf microbes injectés dans les veines d'un monstre. Et si nous nous chargions de contaminer tout l'organisme ? Le vent y joue le rôle d'un enzyme glouton.



Publié à 08:43, le 1/02/2017,
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Départ de Nyiadalur

 



Publié à 12:00, le 1/01/2017,
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Champs de lave Hagonguron

Le champ de lave d'Hagonguraun est mitraillé de rochers qui dépassent de la couche de neige. Ce sont des trolls et des elfes qui ont été pétrifiés selon Rob. En clair nous sommes entourés de fantômes. Rassure-moi Rob, nous n'allons pas camper ici ce soir ?

Nous serpentons entre les rochers noirs qui dépassent, quelques rocs que des milliers d'hivers ont sculptés en lamelles tranchantes. Nous sommes anxieux de connaître la suite, tragique ou heureuse de la suite des évènements.

La passion des autochtones pour les esprits malins n'a pas de borne. Ils croient donc aux elfes, trolls et autres bestioles à deux têtes. Et en définitive le mystère demeure.

C'est la plupart du temps dans le silence que nous skions, ces moments-là sont intenses, et c'est dans le silence qu'ils sont faits pour être savourés.



Publié à 11:00, le 1/01/2017,
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A la queue leu leu dans le brouillard

Nous ressortons vivants des monts de Nyiadalur et presque trop vite nous atteignons le désert de lave de Hagönguhraun. Passablement éreintés par le froid et le vent contraire, à l'occasion d'une pause Rob nous apprend que sur la droite se trouve deux magnifiques volcans les Nyrdri-Haganga et plus loin le Sydri-Haganga. Seulement voilà aujourd'hui encore tout est bouché par le brouillard et nous ne verrons pas vraiment le décor.

L'heure du déjeuner approche, j'ai faim, cela fait déjà un bon moment que je l'attends. Finalement Rob ne tarde pas à déchausser ses skis et à nous faire le signe du temps mort avec ses mains. Le temps se couvre encore davantage, nous craignons de prendre une saucée de plus. Nous faisons bombance près d'une congère, l'inquiétude se dissipant peu à peu dans notre côlon intestinal.

L'équipe est très soudée, mais dans la difficulté les caractères s'affirment, quelques tensions surgissent mais rien de grave.

 



Publié à 09:45, le 1/01/2017,
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Pause dans le vent et la brume



Publié à 08:00, le 1/01/2017,
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Hàgönguhraun

Encore du brouillard... Décidément l'Islande est une terre bien pudique qui ne nous laisse voir pas grand chose d'elle. Parfois quand le vent s'en mêle, toutes ces bourrasques nous donnent l'impression que l'Islande est en colère.  Et quand Eole se fâche et se met en tête de nous refuser le passage, nous nous retrouvons tremblants sur nos deux planches, comme des parkinsoniens. Parfois je rigole intérieurement tant je me sens ridicule dans cette lutte inégale. Rafale après rafale nous nous rendons bien compte que nous ne pouvons pas grand chose contre ce vent fou furieux.



Publié à 06:00, le 1/01/2017,
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Retardataires

Nous atteignons la surface plane du lac Hagongulon. Ici le vent se lève à nouveau car aucun obstacle ne l'empêche de prendre son élan. Alors il ne se gène pas, il souffle un peu plus fort. Par temps clair le coin est joli, la vue sur les volcans qui entourent le lac est enchanteresse.

Avec la fatigue qui arrive, nous avons tendance à baisser notre garde et de ce fait le moral fait de la chute libre. Certes c'est du grand spectacle et nous sommes au premier rang, mais je rêve maintenant des abysses duveteux d'un grand lit moelleux.

Dans ce royaume du vide, avec la lumière qui diminue presque à vue d'oeil avec l'arrivée du soir, Rob qui ouvre la marche en tête de colonne lève trois doigts en l'air pour nous signifier sans rompre le silence qu'il nous reste 3 kms à faire. A cette vitesse lente de fin de journée cela nous prendra 45 minutes environ.

C'est dur ce soir mais c'est bon, nous avons l'impression que le monde est à nous, que nous sommes retombés à la naissance du monde, nous pouvons sans forcer nous sentir tels Ask ou Embla, les deux premiers êtres humains qu'Odin engendra. Pas surprenant  qu'autant d'autochtones croient dur comme fer aux esprits malins.



Publié à 03:00, le 1/01/2017,
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Camp N° 2 après Hagongulon

Nous sommes partis à 7h30 ce matin, il est à présent 18h00 et Rob ne semble pas pressé de s'arrêter pour installer le campement. Et oui car ce soir nous campons étant donné que le prochain refuge est trop distant pour être atteint aujourd'hui. Je suis épuisé, je baille à plusieurs reprises debout sur mes skis, je ne skie plus que comme un automate. La luminosité est vraiment plus faible à présent, la nuit arrive, nous approchons 18h30.

Nous finissons de traverser le lac Hagongulon. J'avais repéré ce grand lac sur les cartes et pensais que nous allions le contourner, mais Rob nous apprend qu'il est plus à considérer comme une zone marécageuse qu'autre chose, qu'au plus profond le lac ne fait que quatre mètres et qu'il gèle donc très facilement. Il nous précise que nous continuons encore un peu car tous les kms alignés aujourd'hui ne seront pas à effectuer demain, demain l'étape sera longue de 25 kms. Il nous dit que ce soir il y a une nouvelle soupe de prévu au dîner, cela agit comme une rustine psychologique. Mais je suis quand même à bout de force avec cette journée marathon, je crache mes tripes comme un troll pris au collet.

A 19h00 sonnantes Rob s'arrête, je lui montre un emplacement bien enneigé qu'il semble d'ailleurs avoir repéré lui aussi. C'est sur cette congère que nous planterons les tentes. Nous sommes entourés de rochers ce qui nous évitera d'avoir à construire des toilettes. Nous désignons un rocher et décidons d'un commun accord qu'il fera office de "poupou rock".

Rob nous prépare un dîner royal avec two courses, soupe + plat de pâtes dans lesquelles une plaquette de beurre y passe. Nous cuisinons avec un réchaud à essence alimenté par de l'essence blanche car à ces températures-là le gaz gèle.

Pendant que je me brosse les dents debout près la tente je médite sur ces rocambolesques 48 heures.



Publié à 11:48, le 1/12/2016,
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Publié à 22:00, le 1/11/2016,
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Pente verglacée

Premier réflex au réveil : jeter un oeil dehors pour voir le temps qu'il fait. Ce matin c'est encore un jour blanc, nous sommes pris dans un brouillard épais et mouillé. L'humidité ambiante augmente considérablement la sensation de froid, il devient difficile de renfiler nos vêtements moites. Je suis comme souvent le premier levé, car tous ces décilitres de boissons chaudes et de soupe du soir sont une épreuve pour la vessie. Et il est de toute façon préférable d'être le premier à utiliser les toilettes, quand elles sont encore vierges de toute utilisation...

Le campement semble complètement éteint, seuls quelques ronflements se font entendre dans ma tente.

Subir des températures qui tournent autour de zéro de l'aube au crépuscule n'est pas facile. Mais j'ai l'impression que nous nous habituons à cela. Quand je pense à Rob qui a déjà fait cette traversée trois fois en hiver, et que le mois prochain il part traverser la calotte glaciaire du Groenland... Y'a des malades ! C'est là que l'on s'aperçoit que la tête commande beaucoup de choses, le corps notamment. L'Islande est un pays d'islandais et de neige. L'islandais est froid de prime abord, la neige est glacée et le reste. Ce pays perdu dans l'Atlantique Nord est donc à éviter pour celui qui souhaite profiter des joies du camping.

Très vite nous arrivons en surplomb d'une vaste plaine que nous contemplons du haut d'un promontoire. Il va falloir descendre et cela risque d'être folklorique car l'inclinaison est forte sur une cinquantaine de mètres. Les premiers qui descendent en chasse-neige tombent rapidement et la pulka chargée les tire vers le bas. Chacun se voit obligé de laisser filer sa pulka en ouvrant les mousquetons. Aussitôt libérées elles prennent la direction du bas de la pente à une vitesse folle (peut-être à 80 km/h !), et finissent par disparaître dans le brouillard, pourvu que nous ne les perdions pas ! Nous irons les rechercher 500 mètres plus loin, cet incident nous fera perdre une demi-heure le temps de récupérer tout le matériel.



Publié à 20:17, le 1/11/2016,
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pente forte et brouillard

Le brouillard opaque nous prive du spectacle mais le silence ouaté qu'il installe me captive. Parfois cependant la panique n'est pas si loin que ça, nous n'arrivons alors plus à réfléchir, nous avons trop l'impression de subir, nous nous laissons distraire par l'humidité qui nous pénètre.

Au bas de cette pente, petite pause pour grignoter et s'hydrater au milieu de la neige, puis danse de la macaréna. Pour le moral.



Publié à 12:00, le 1/11/2016,
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Nous continuons dans la brume

Cette journée a été parmi les plus difficiles. La matinée s'est passée sous les bourrasques et une pluie fine mêlée de neige, et l'après-midi une tempête de grêle nous a accompagné deux heures durant sans cesser. Je préfère de loin la grêle car cela ne mouille pas les vêtements, les grêlons nous rebondissent dessus. Par contre quand ils touchent la zone non protégée du visage ça pique, le vent les fait tourbillonner. Ah le vent ! C'est à devenir fou ! Le froid hurlant s'engouffre dans nos capuches, sifflant dans nos oreilles, chaque inspiration d'air glacé nous brûle les tripes.

Ainsi alors que la mauvaise fortune continue à nous jeter dans des situations ubuesques, l'attrait de la liberté et de l'inconnu prend possession de nous et nous force à relever la tête, tant pis pour la grêle. Toutes ces méchancetés se passsent sur une longue plaine toute de neige  vêtue. Dans l'après-midi les températures passent au-dessus de zéro ramollissant la neige, et la pulka de Rob crée une tranchée dans laquelle toutes les autres s'engouffrent. Pratiquement à demi conscient je suis tout entier absorbé par l'effort. De la neige, encore de la neige, à en être écoeuré à vie.

On distingue à peine la limite du ciel et du sol, tout est blanc à perte de vue, dans cette homogénéité les yeux cherchent désespérément un détail. Ambiance Tintin au Tibet.



Publié à 20:18, le 1/09/2016,
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Winter sun

Notre ami belge Erik qui navigue en tête avec le guide tend son bâton vers le ciel pour nous montrer que le soleil tente une percée à travers le ciel plombé. Alléluia ! Nous en avions presque oublié son existence. Nous entendons des cris poussés par nos poursuivants, la joie suscitée par l'apparition surprise de l'astre diurne est communicative, elle se répand comme la coqueluche dans une école maternelle.

Je transpire. Je transpire depuis plusieurs jours, je rêve d'une douche chaude, je commence à moisir sous les bras. Je rêve aussi de fruits frais pour remplacer ces satanés fruits secs dont nous nous gavons à chacune de nos pauses.

Après avoir gaspillé à Nyiadalur notre jour de sécurité plus une seconde journée pour cause de tempête il va nous falloir une sacrée veine avec la météo pour parvenir à atteindre le Landmannalaugar tant désiré. Stendhal disait que la chance s'attrape par la tignasse, mais là elle est chauve. Ca va être hard...



Publié à 12:21, le 1/08/2016,
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Approche de Jokulheimar

Partie extrême sud du Trollahraun, entre le Tungnaàrjökull et les montagnes Blàfjoll.



Publié à 10:00, le 1/08/2016,
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Medley



Publié à 08:00, le 1/08/2016,
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Arrivée à Jokullheimar

Au terme de 27 kms après avoir skié par monts et par hasard nous apercevons dans le lointain les minuscules toits colorés du refuge de Jokulheimar. Il est vraiment posé au milieu de rien, offert aux quatre vents. Notre guide nous précise que Jokulheimar signifie "le monde des glaciers". C'est vrai qu'en regardant tout autour de nous, nous sommes entourés de dômes de neiges avec parfois des congères de la taille d'un immeuble. Nous sommes accueillis par une brise glaciale tombant tout droit des névés du Vatnajokull, plus vaste glacier d'Europe, de la taille de la Corse.

Nous déchaussons nos skis et j'apostrophe alors Rob en lui faisant remarquer que malgré le manque de visibilité les lumières peuvent être exceptionnelles ici. Ce à quoi il me répond en pointant son index vers les cieux quelque chose  que j'ai cru comprendre comme : " Et oui petit scarabé, la compréhension de la réalité ultime c'est savoir regarder au-delà des apparences du monde illusoire".

De par sa grande taille ce refuge a de faux airs de Thrudhvangr, la maison de Thor aux 540 chambres, quant à moi je ressemble plus à un Tanngniost qu'autre chose, un de ces boucs extraordinaires qui tiraient son chariot.

La clé du refuge est cachée dans un boitier cloué à l'encadrement de la porte, boitier qui ne s'ouvre qu'avec un code à quatre chiffres. Il compose le code et se saisit de la clé mais la porte a besoin de quelques coups de piolets car comme souvent elle est prise dans la glace, quelques coups de pieds avec élan seront également nécessaires. Tout le monde s'y met.

Nous nous sentons loin de tout ici, le temps semble s'être arrêté. Les pendules doivent certainement tourner moins vite ici qu'ailleurs.



Publié à 12:00, le 1/07/2016,
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Rob dans ses oeuvres

Première chose en arrivant : faire de l'eau pour la préparation du repas. Rob ramène une marmite de neige qu'il met à fondre sur un de nos réchauds à essence car le refuge ne dispose pas de gaz. Kuba met en marche le poêle en fonte alimenté par une bouteille de gaz. Les tables sont longues et larges, le refuge est vaste nous avons enfin assez de place pour nous loger confortablement.

Je tapote sur un baromètre cloué au mur, il fait de la chute libre une tempête se prépare. Mais alors m'interrogeai-je : "cela peut donc être pire que ce que nous avons connu jusqu'ici ?".

Alors que chacun de prépare une soupe bien chaude nos deux amis russes Maxim et Helina échangent avec du rythme quelques propos en russe. Je ne comprends rien bien sûr et je me demande s'ils s'engueulent ou pas. Je les laisse finir puis j'interpelle Maxim sur ses vacances passées ou devrais-je plutôt dire sur ses exploits. Cette espèce de force de la nature me résume ses aventures sur la mer blanche seul sur son canoë trois semaines durant. Il poursuit les hostilités en me relatant son voyage au pôle nord en skis avec une pulka ainsi que ses deux randonnées en solo dans la péninsule du Kamtchakta, je l'écoute avec les yeux écarquillés, je bois ses paroles comme un gosse à qui on parle du père noël. Je m'aperçois qu'il connait bien la France également, notamment la route des vins. Tout de suite après on se prend un thé noir avec une dose de vodka de chez lui. Whouâ la vache c'est fort !

 



Publié à 20:25, le 1/06/2016,
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Dans le refuge de Jokullheimar

Après tous ces jours passés dehors à ramer comme dératé je suis passablement épuisé. J'étais peut-être pas assez entraîné... Je ne suis pas hyper sportif mais je ne suis pas non plus une patate de canapé, je cours régulièrement depuis une quinzaine d'années, mais sans chercher la performance, juste pour entretenir la mécanique.

Le plus gros souci est que je n'ai jamais eu l'occasion de valider mes options avant le départ. Cela peut faire toute la différence.

Moment de répit dans le refuge cela me permet de faire le point. Pour l'instant la chance me suit je n'ai aucune casse, juste quelques bandes de strap au-dessus de la cheville que je me suis collées après m'être rasé les poils au rasoir Bic 1 lame en prévision du décollage des bandes. J'ai un peu mal à la patte quand même mais je suis content d'être là. Et puis c'est ça l'Islande ! Après y avoir été sevré en été il fallait bien que j'y revienne en hiver...

Il y a en fait deux sortes de gens : ceux qui ont des meubles et ceux qui ont des valises.



Publié à 20:26, le 1/05/2016,
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La chambre

Le refuge dispose de trois chambres, je m'installe sur une couchette du bas. Nous sortons les sacs de couchage pour les sécher un peu et leur faire reprendre leur gonflant. Nous nous étalons. Je regarde à travers la fenêtre la petite cabane des toilettes battue par les vents sur sa butte. De l'extérieur avec sa toiture rouge fraîchement repeinte elle paraît plus luxueuse que toutes celles que nous avons eu à affronter jusqu'alors. J'irai les tester ce soir et donnerai ma note ensuite... Je tente un appel en France et Ô magie des ondes j'ai du réseau et parviens à avoir ma famille. Je narre à ma chère et tendre toutes les misères que l'on nous fait subir, un coucou aux enfants puis nous coupons.

C'est vrai que nous progressons dans des conditions bien pires que ce que j'avais imaginé et pourtant pour me préparer mentalement j'avais imaginé l'apocalypse.

Les sommets qui nous entourent sont découpés à la norvégienne.

J'en suis à ma troisième soupe, je m'aperçois que j'ai oublié de mettre mes peaux de phoque à sécher. On pourrait les laisser collées sous les skis mais selon Rob il est préférable de les décoller et les faire sécher chaque soir, elles colleront mieux et glisseront mieux le lendemain. Rob qui d'ailleurs court entre le coin cuisine et la pièce à vivre où notre ami russe Maxim ne cesse de lui resservir du Cognac dans son infusion du soir.  

Arrive l'heure du dîner, Rob pose sur la table une énorme marmite pleine de nouilles qui baignent dans une sauce floue. Le repas n'est pas beau mais il est bon. Nous dévorons notre plâtrée de pâtes sous le regard de Rikardùr Jonsson, le fondateur de l'Icelandic Glaciological Society. Sur son buste rivé en bout de table sèchent nos peaux de phoque et nos chaussettes. Quel manque de respect de notre part, se servir de cet homme comme un séchoir à linge...



Publié à 20:28, le 1/04/2016,
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Un convoi de 4X4 en expédition

Cette journée a été la plus longue de toutes, nous avons abattu 27 kms. Aussi ce soir je ne traîne pas, alors que mes compagnons en sont encore à se diluer des doses de vodka et Cognac dans leur infusion du soir, je pars dormir, il est 21h30, je suis mort.

Notre amie russe Helina me réveille en sursaut à 22h30 pour m'informer que nous devons changer de refuge car une vingtaine de personnes arrivent dans un convoi d'une dizaine de 4X4 et ils ont paraît-il la priorité sur nous. Je ne cherche pas à comprendre le pourquoi du comment. C'est le branle-bas de combat, tout le monde remballe ses affaires et nous déménageons dans le petit refuge quinze mètres plus loin, c'est la panique, cela me rappelle un peu le service militaire quand on nous réveillait en pleine nuit et qu'il fallait être prêt dehors avec son paquetage en 10 minutes. Ce nouveau refuge est vraiment minuscule pour neuf personnes, encore plus petit que celui de Bergland, c'est le premier refuge qui a été construit à Jokulheimar.



Publié à 20:30, le 1/03/2016,
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Départ du petit refuge de Jokullheimar

Au petit matin il est difficile d'organiser le petit déjeuner dans si peu d'espace. Ceci dit tout le monde y mettant de la bonne volonté nous quittons les lieux à 9h00. J'ai tellement bien dormi que j'ai l'impression de sortir d'une hibernation.

Aujourd'hui une étape intéressante : nous allons skier sur la Tungnaà gelée. La Tungnaà est une grosse rivière qui prend sa source dans un glacier tout proche d'ici, en hiver elle est parfaitement gelée, parfaitement plate, c'est une sorte de long couloir de 40 kms large de 500 mètres, Rob la compare à une autoroute gelée.



Publié à 20:32, le 1/02/2016,
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Un dernier regard au refuge de Jokulheimar

Un dernier regard au refuge de Jokulheimar qui disparaît dans le lointain. Sur les conseils de Rob ce matin tout le monde a enlevé les peaux de phoque de ses skis, sauf moi car ma dernière expérience n'a pas été concluante, je ne cessais de patiner et n'avançais pas. Skier sans les peaux quand on tracte une pluka necessite une certaine technique que nous ne possédons pas tous. Certains le regretteront au cours de la journée.

Mais il est sûr que sans les peaux sous les skis la glisse est meilleure, on avance plus vite, et cela demande moins d'effort.



Publié à 20:33, le 1/01/2016,
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En file indienne

Ca y est nous avons rejoint la rivière Tungnaà. Comme prévu elle est parfaitement gelée. Comme c'est plat il y a un peu plus de vent que dans les vallons. Nous progressons sous un ciel gris mouillé. J'aurais dû enlever mes peaux de phoques car je progresse moins vite que les autres, je suis à la traîne. Mais Maxim ferme toujours la marche, attendant les éventuels retardataires, discutant, encourageant, toujours très poli, à la limite de la gaucherie.

Quelle belle surface plane ! Nous progressons en silence comme un aigle survolant son territoire, seul le bruit de nos skis qui glissent sur la glace recouverte d'une pellicule de neige fraîche.



Publié à 20:35, le 1/12/2015,
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Tungnaà

Mon retard s'accentue vite. Ils s'arrêtent, m'attendent un peu, l'occasion d'attraper une bouteille coincée sous l'élastique du sac de la pulka pour boire quelques gorgées.

La glace ne semble pas de la même épaisseur partout, parfois de l'eau remonte à la surface et remplie les sillons formés par nos skis. Nous avançons prudemment sur la pointe des skis.

Excepté quelques rocs qui affleurent la neige sur la rive droite, le tracé est exténuant de monotonie, c'est plat et blanc, vide et incolore.



Publié à 12:00, le 1/12/2015,
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Sur la Tungnaà

Nos sens s'habituent peu à peu au paysage qui ne paraît plus aussi désertique. La Tungnaà dans cet état est un lieu qui n'est visible et accessible que par quelques initiés. Ainsi, glissant sur cette belle surface plane j'ai vraiment l'impression d'être... legend. La Tungnaà était un des passages de notre raid riche de promesses qui me tenait particulièrement à coeur. Pour fêter cela je me promets de m'offrir un Brenevin (le chnaps local) vendanges tardives. Dangereusement savoureux.

Les autres filent loin devant, je déploie deux fois plus d'effort pour que mon retard ne s'accentue. C'est épuisant. Je finis par les rejoindre et mets une bonne trentaine de minutes pour retrouver un rythme cardiaque normal.

C'est superbe par ici, nous progressons dans un silence religieux, juste le bruit des skis sur la neige verglacée.



Publié à 20:35, le 1/11/2015,
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Sur la Tungnaà qui dégèle par endroits

Pendant de courts instants les nuages semblent vouloir se déchirer, la lumière revient quelques secondes, nous avons l'impression de refaire surface, puis le ciel se rebouche.

Comme sur la photo ci-dessus, certaines zones ont déjà commencé à dégeler, créant des trous où l'eau de la rivière circule à ciel ouvert.

Nous venons d'aligner huit kms sur la Tungnaà quand Rob sort du lit de la rivière. Avec nos deux jours de retard pris à Nyiadalur nous ne pourrons rallier le Landmannalaugar et devons rejoindre un point de récupération plus à l'ouest. Dans le groupe certains sont vraiment déçus de rater le mythique Landmannalaugar, alors que moi, incorrigible, je lorgnais déjà sur la suite du périple, me voyant monter à pieds vers Hrafntinnhusker.



Publié à 20:38, le 1/09/2015,
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Rob contacte le 4X4 pour confirmer notre point de récupération

L'itinéraire de secours que nous empruntons est moins bien enneigé que ce que nous avons connu jusqu'ici. Par endroits il est nécessaire d'effectuer des détours en décrivant de grandes boucles. Sur de rares passages nous devons même déchausser les skis et porter les pulkas sur la lave ou la cendre.

Rob profite d'une pause pour appeler via téléphone satellite le truck qui doit venir nous récupérer. Il nous reste 30 kms a effectuer jusqu'à demain 13h00. Il nous apparaît alors tel Odin, perché au sommet de l'arbre du monde et qui exprime ses pensées en vers.

Il fait sévèrement froid aujourd'hui. Et ce n'est pas facile dans ces conditions de se servir une tasse de boisson chaude : avec le froid les mains gantées sont maladroites, et quand j'enlève les moufles le froid me fait perdre la dextérité fine des doigts, phénomène bien connu. Un citadin lambda qui nous verrait ici dirait que nous sommes au milieu de nulle part, moi je dirais plutôt que nous sommes au milieu de tout. C'est vrai que l'endroit est antibiotique, aucune vie ne peut se développer dans ce no man's land désepérément homogène. Et si la neige et la glace ne vous ont pas complètement convaincu le vent se charge de vous faire une mise à jour.



Publié à 20:39, le 1/07/2015,
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Nous suivons les piquets d'une route de montagne



Publié à 20:40, le 1/06/2015,
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Nous attendons les retardataires



Publié à 20:41, le 1/05/2015,
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Le soleil n'est pas loin



Publié à 20:42, le 1/04/2015,
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Fantomas, c'est bien moi...

Arrive le temps d'une pause. Rob nous passe un sac rempli de cacahuètes et de fruits secs. Après ces quelques jours nous sommes un peu las de ces cacahuètes mais nous nous forçons un peu car elles sont parmi les produits les plus énergétiques qui soient.

Je demande à notre vénéré guide s'il est exact que les islandais croient aux trolls et aux elfes. Il apporte une eau abondante à mon moulin de curiosité en se lançant dans ce qui ressemble à une longue démonstration sur le sujet. Il prétend que les islandais croient surtout aux fantômes, aux êtres de l'au-delà, et en effectuant un geste circulaire tout autour de lui avec son bâton il nous dit qu'avec des décors pareils il est très aisé de se laisser aller et d'y croire. Il ajoute quand même qu'il ne croit pas qu'il reste beaucoup de trolls, surtout en été car ils craignent la lumière. Par contre les elfes sont légion. Il commence à me faire un peu peur ce guide...

Même si nous sommes sur un trip organisé, nous sommes effectivement loin  de l'arrogance d'un tourisme de masse, et c'est vrai que cet environnement me donne envie de croire aux fantômes.

Je profite d'un instant où notre ami belge Erik me tend un thermos pour lui demander de me prendre en photo, en insistant bien pour qu'il intègre également Rob dans le cadre afin de lui dérober son âme.



Publié à 20:43, le 1/03/2015,
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Premiers rayons de soleil depuis longtemps



Publié à 20:44, le 1/02/2015,
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De la cendre recouvre certaines portions de neige

Le soleil n'est pas loin, par endroits la couche nuageuse se déchire quelques secondes et laisse passer ses rayons.

Au sol Rob nous montre certains passages recouverts de cendre datant de la dernière éruption de l'Eyjafjallajökull.



Publié à 20:45, le 1/01/2015,
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La montagne Drekki

Nous passons la montagne Drekki qui signifie "dragon". Nous nous arrêtons à son pied pour pousser quelques cris, cela résonne étonnamment fort. Nous lançons tous les cris qui existent pendant cinq bonnes minutes.



Publié à 20:46, le 1/12/2014,
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La nuit commence à tomber

La nuit commence à tomber, la luminosité a bien baissé. Sous ces latitudes nous gagnons pourtant environ 10 minutes de clarté par jour à cette époque de l'année.

Je ne sais pas jusqu'où Rob compte nous emmener mais la faim me tenaille l'estomac et je baille debout. Pas glop. Il est prévu que nous montions le camp en surplomb de deux lacs gelés.



Publié à 20:47, le 1/11/2014,
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La nuit tombe

J'attends Janine et Ute qui ont remis leurs peaux sous les skis et ont donc comme moi un peu de mal à suivre. Maxim comme à l'accoutumée ferme la marche, quand un retardataire s'arrête pour un problème quelconque il l'attend et reste avec lui. Cela évite qu'une personne ne se retrouve toute seule derrière à la traîne. Il est 18h30 la fatigue se fait sentir car la journée a été longue et cela fait plusieurs jours que le raid a commencé.



Publié à 12:00, le 1/11/2014,
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Camp N°3

Nous éventrons les pulkas et montons les tentes. Cette nuit il est décidé que nous effectuerons un roulement, je cède ma place à Maxim qui dormira avec Kuba et Erik, et j'irai partager la tente de notre guide Rob et Odile.



Publié à 20:48, le 1/10/2014,
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Débat entre Maxim et Rob

Devant la tente de Rob une discussion s'engage. Notre ami russe Maxim affirme que l'Islande c'est bien sympa mais qu'on en a vite fait le tour, et que la Russie est le plus grand pays de la planète. Notre guide se rebiffe en rétorquant que l'Islande est certes un petit territoire mais que celui-ci étant sur une double faille il s'agrandit de quatre cm par an en moyenne et qu'à force il sera plus grand que la Russie. Devant un tel affront Maxim se ressert une dose de vodka. L'Islande grandit  mais ça se fait par à coups et cela équivaut à quatre cm par an si on en fait la moyenne.



Publié à 15:00, le 1/10/2014,
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Grande discussion aux toilettes

Pendant que Rob s'active à nous préparer le dîner de ce soir, Erik, Maxim et Kuba nous construisent les toilettes, s'interrogeant si la hauteur du mur sensé nous protéger du vent est suffisante. Elles ont été construites un peu trop près des tentes, nous n'avons plus qu'à espérer que le vent ne tourne pas en notre défaveur.

Sinon j'ai examiné mes peaux de phoques et force est de constater qu'elles sont déjà un peu râpées. La faute aux plaques de glaces sur lesquelles il nous a été si souvent nécessaire de skier.



Publié à 12:00, le 1/10/2014,
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La nuit polaire tombe sur notre campement

La nuit tombe dans un silence assourdissant. Avec la venue du soir le vent s'est légèrement renforcé et des plaques de brouillard apparaissent. Le temps est très humide ce soir, nos sacs de couchage garnis de duvet vont encore être bien moites-mouillés demain au réveil. Mais ce n'est pas si grave car c'est la dernière nuit de notre expédition et demain soir nous dormirons à Reykjavik dans la chambre chauffée de notre guesthouse, nous pourrons faire sécher tout notre matériel tranquillement. J'ai quand même un petit pincement au coeur.

Une envie pressant me force à sortir jaunir la neige, je découvre alors comment la nuit peut être noire mais noire !



Publié à 20:49, le 1/09/2014,
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In Ze fog

Au réveil mon premier souffle se transforme en buée. Quand nous passons la tête à travers la fermeture éclair de la tente nous constatons qu'un épais brouillard humide a envahi les lieux. La pluie est imminente. Comme si le froid ne suffisait pas...

Nous commençons à partager à haute voix les envies qui nous envahissent après ces dix jours à la dure. Nous rêvons surtout de fruits frais, de poêlée de légumes, de bière pour certains, d'une douche d'une heure et même d'un peu de zoophilie romantique avec un porc mexicain. Notre équipe fait partie de la branche Al Quaida section humour, et heureusement car c'est un dopant puissant dans les moments difficiles, cela aide à passer les épreuves.



Publié à 12:00, le 1/09/2014,
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Dernier tronçon avant la récupération par un 4X4

A peine sommes nous partis que la bruine survient, très vite remplacée par une pluie fine mais forte, ambiance glaciale tout droit sortie du congélo. Nous ruisselons, nous sommes frigorifiés. Le terrain est bien plus vallonné ici, nous montons, descendons, remontons... Nous avons pris un raccourci pour rejoindre un point de récupération autre que celui prévu au départ car nous avons grillé deux jours à Nyiadalur à cause de la tempête.



Publié à 20:50, le 1/08/2014,
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Monster truck

Sur la piste surélevée nous apercevons soudain notre 4X4 sortant du brouillard plein phares allumés. Nous sommes tellement gelés que c'est un vrai soulagement, je suis épuisé.



Publié à 15:00, le 1/08/2014,
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Monster truck

Notre taxi est à l'image du pays et de ses conditions climatiques : une garde au sol de 70 cm, des roues de 46 pouces, 400 chevaux, un vrai monstre de 14 places.



Publié à 12:00, le 1/08/2014,
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Récupération par notre Monster Truck

A l'intérieur de l'habitacle il fait très chaud, trop chaud. En entrant les joues nous piquent tellement le contraste est important. Le chauffeur est visiblement fan de country music car la radio pousse à plein volume. Très vite nous stoppons à Hrauneyar pour déjeuner et boire notre demi-litre de bière. Hic !



Publié à 20:51, le 1/07/2014,
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Après l'effort, le réconfort

Un bon steak de baleine, il n'y a que ça de vrai. Depuis le temps que je voulais planter les dents dans ce gros poisson. J'ai fait très attention de ne pas avaler d'arrête. Mais après dix jours à manger de la nourriture déshydratée j'ai autant apprécié les petits légumes que la viande. C'est très tendre en tous cas, cela se situe entre le steak de thon et le steak de boeuf. Ceci dit l'assiette n'est pas très copieuse il y a tout juste de quoi se caler une dent creuse.

Dans les rues des quartiers populaires de Reykjavik je croise de vieux 4X4 dans un état de décrépitude avancée, plus proches du poulailler ambulant que du monster truck qui est venu nous récupérer.

 Voilà c'est fini. Je ne rentre pas trop changé finalement, un peu amaigri peut-être, et affublé d'une barbe de mollah. J'ai le nez qui pèle à cause d'un coup de soleil et du froid, j'ai presque mauvaise mine dans l'avion à côté des autres passagers et leur T-shirt "I love Iceland".

J'espère qu'avec mon accent anglais approximatif et mes gros défauts de prononciation je ne serais pas passé pour un déficient mental auprès de mes compagnons de voyage.



Publié à 20:52, le 1/06/2014,
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Epilogue

Cette traversée m'a paru difficile. C'est une expé extraordinaire qui nous a fait sortir de notre zone de confort. Mais je me demande si l'idéal n'aurait pas été de l'effectuer un mois plus tôt car nous n'avons pas beaucoup skié sur de la neige récente, fraîche et poudreuse, excepté sur la première partie. On a surtout eu droit à de la neige lourde mouillée.

J'avais prévu de me lancer tout seul mais on m'en avait tellement dissuadé (les offices du tourisme locaux, les agences de voyages, ceux qui l'avaient déjà fait...) donc je me suis joints à un groupe. Avec le recul tout seul c'aurait pu passer car l'enneigement était bon cette année mais cela aurait nécessité un engagement psychologique important en raison de l'isolement absolu. Cette traversée doit être faisable en solo mais il faut prévoir plusieurs jours de sécurité, pour 10 jours de traversée effective prévoir 15 jours. La météo a été terrible la majeure partie de la traversée excepté un jour durant lequel nous avons eu droit à du grand beau.

Mais partir en groupe a aussi de gros inconveignants.

Le plus difficile n'a finalement pas été de résister aux conditions climatiques mais plutôt de suivre le rythme du groupe : ne pas pouvoir s'arrêter quand je voulais pour boire ou enlever une couche de vêtement quand je transpirais, ou redémarrer d'une pause quand je commençais à avoir froid à force de rester immobile... Pareil pour la promiscuité dans les tentes : dormir à 3 dans une VE 25 avec les gros sacs de couchage d'hiver hyper larges, c'est pas top.

J'aurais dû emmener une crème pour la protection du soleil ce qui m'aurait évité de rentrer tout rouge avec le nez qui  pèle et des boutons rouges sur le front.

Je ne pensais pas qu'on pouvait transpirer autant en tirant une pulka. Je ne n'imaginais pas non plus que les muscles des cuisses pouvaient chauffer autant. Il aurait été bon d'effectuer des séances de musculation quelques semaines avant le départ.

L'idéal est de partir avec des chaussures de ski dont le chausson intérieur s'enlève, afin de pouvoir l'enlever le soir et le mettre  sécher dans le sac de couchage durant la nuit car renfiler ses chaussures mouillées dans le froid du matin n'est pas évident.

L'ennemi n°1 après le vent a été l'humidité. Il faut considérer cette traversée plus comme une traversée maritime en fait.

On skie sur tous types de neige, de la glace vive, à la bonne poudreuse, en passant par la vieille neige humide et lourde. C'est d'ailleurs sur cette dernière que nous avons le plus skié. Pas la meilleure.

 

Ma traversée de l'Islande à skis en mars 2014 ===> http://traverseeislande.uniterre.com/

 

Vous pouvez me poser vos questions éventuelles sur mon forum fraîchement crée :

                       http://islande.forumprod.com/forum.php

 

 



Publié à 12:00, le 1/04/2014,
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