Traversée de l'Islande à skis en hiver
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Notre guide Rob

Rob, notre guide, est un solide gaillard de 1,80 m. Il roule les "R" dans le fond de la gorge et peut parfois paraître un peu brut de décoffrage. Mais il est efficace, il nous guide au milieu d'un monde au sein duquel il a grandi. On sent le pro. Grosses mâchoires et gueule de brigand, un gros islandais massif qui semble increvable. Il impressionne. Il est beau.

Et il continue d'apprendre. Il m'a confié qu'il part régulièrement dans le nord du Canada pour se perfectionner. L'an passé il y est allé étudier les avalanches avec ses deniers personnels et cela coûte affreusement cher m'a-t-il dit. Je veux bien le croire. Tout au long du raid je le regarde faire, on peut même aller jusqu'à parler d'observation, comme le ferait notre ami islandaise Ute , l'ornithologue du groupe, quand elle part obsever les oiseaux. Pour tout il agit comme agirait un 7ème dan de ceinture noire de karaté, il va à l'essentiel, aucun geste inutile. Un pro, il n'y a pas d'autre mot. Et moi qui comptais au départ effectuer cette traversée hivernale de l'Islande en solo, et bien il me donne des complexes le Rob. J'ai appris une foule de choses rien qu'en l'observant faire, dans sa façon de skier, de tenir ses bâtons, ou même son art de contourner les points qui craignent comme les ponts de neige trop fragiles par dessus les rivières cachées sous la glace ou la neige. Rob nous a montré comment monter la tente, comment l'amarrer pour éviter que les vents violents ne l'emportent ou ne la déchirent. Il nous a prévenu qu'avec des vents supérieurs à 15 mètres/secondes la toile risquait de se déchirer et que le montage pouvait donc de devenir problématique.

Avec ses gros sourcils et sa barbe naissante blonde tirant sur le roux, quand il nous donne des consignes, on pourrait facilement le comparer à Thor, le dieu nordique dont la voix puissante couvrait le tumulte des combats. Et quand je me hasarde à lui tendre une embuscade au Hakarl il sourit et me dit : "not this kind of thing in my backpack !".

Mais même en semblant au top les accidents sont toujours possibles dans un milieu aussi hostile que celui-là. Il y a deux ans sur un glacier il est tombé de plusieurs dizaines de mètres dans une crevasse, du fond de laquelle il est ressorti à coups de crampons et de piolets. Il nous a dit pathétique qu'à l'heure actuelle : "I should be died". Il nous a relaté également l'accident de ce photographe de montagne tombé lui aussi au fond d'un trou de glace en évoluant sur un glacier. Quand les secours l'ont enfin retrouvé et développé les photos de son réflex, la dernière photo avait été prise pendant sa chute et faisait un drôle d'effet paraît-il. Rob a conclue en nous disant qu'il ne faut jamais s'aventurer sur les langues glacières tout seul. Cela peut passer une fois, dix fois, peut-être cent, et un jour ça coince. Evoluer sur la glace est un métier. J'ai lu tant de posts sur le web de personnes qui ont marché sur la glace, seules sans s'encorder...


Publié à 08:00, le 1/11/2019,
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